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« Tamponner les chauffards » : solution efficace contre les rodéos ?

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La France va-t-elle bientôt s’inspirer de la législation britannique ? Comme le notent nos confrères du Figaro et de BFMTV, depuis 2018, les policiers anglais sont autorisés à « tamponner » les participants à des rodéos. L’objectif : mettre fin à un fléau. En France, les forces de l’ordre ont une interdiction absolue de s’y prendre de cette manière. En effet, selon les autorités françaises, engager une course-poursuite avec un chauffard exposerait la société à davantage de dangers et pourrait causer des blessés. Pourtant, outre-Manche, le nombre de vols à l’arraché suivis d’une fuite à deux-roues a diminué de 18 % dès la première année d’application de cette règle.

Concrètement, la technique du « choc tactique » permet aux policiers britanniques d’engager une course-poursuite avec un motard afin de tamponner celui-ci pour mettre fin à sa fuite. Cette décision a été prise, en premier lieu, pour mettre fin à la recrudescence de vols à l’arraché. Selon l’état-major de la police londonienne, « aucune vitesse maximale » ne limite ce type d’interception. « À la différence d’une voiture ou d’une fourgonnette, les deux-roues sont instables. Le moindre contact peut les renverser et permettre l’arrestation du conducteur. Les policiers cherchent donc l’occasion de le faire à faible allure », a expliqué à nos confrères de TF1 un ancien responsable de la police de Londres.

Il faut dire qu’au-delà des interventions l’ensemble de ces « tamponnages » est filmé et diffusé. Objectif ? Dissuader d’éventuels chauffards qui seraient tentés par un rodéo. Selon le député Horizons François Jolivet, interrogé par Le Figaro, cette technique « a mis un coup d’arrêt aux rodéos, car les auteurs craignaient trop pour leur vie ». L’élu de l’Indre explique être favorable à l’introduction de cette règle dans la législation française.

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Le « tamponnage » encore loin de franchir la Manche

En juin 2021, les autorités du Val-d’Oise ont reprécisé aux fonctionnaires de police que toute course-poursuite était interdite. Il faut dire que, pour l’heure, les forces de l’ordre sont plus que frileuses à l’idée de s’engager dans une telle situation. En effet, en cas d’accident, la responsabilité de l’équipage de police mobilisé sur l’intervention est systématiquement engagée. Une seule exception existe, à ce jour, dans le droit français : dans le cas d’un délit de fuite après un « crime de sang ».

Après le drame survenu à Pontoise et la collision d’une moto avec deux enfants, le ministère de l’Intérieur n’a pas encore évoqué une hypothétique arrivée de cette technique d’interpellation. La doctrine actuellement appliquée est celle de l’interpellation « après les faits ». « Il faut une loi pour encadrer la pratique [du choc tactique, NDLR] avec une première expérimentation et une vraie réglementation », réclame le porte-parole du Syndicat indépendant des commissaires de police, Matthieu Valet. « Le but n’est pas de transformer les rues en circuit automobile, il faut que les forces de l’ordre puissent agir en sécurité en faisant confiance à leur discernement », assure-t-il dans les colonnes du Figaro.

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Outre 10 000 opérations de contrôle durant le mois d’août, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’en tient – pour l’heure – à la législation actuelle. Tout participant à un rodéo s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à cinq années de prison. En plus de la confiscation du véhicule, la peine peut être aggravée en cas de conduite sous l’emprise de drogue ou en état d’ébriété. Une loi en vigueur depuis 2018, mais qui, visiblement, n’a pas – encore – permis de juguler le fléau des rodéos urbains.


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