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États-Unis : Facebook aide la police à arrêter une mineure accusée d’avortement illégal

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Un mois et demi après la révocation du droit à l’avortement aux États-Unis, une adolescente de 17 ans et sa mère sont poursuivies pour un avortement clandestin dans l’État du Nebraska. Des poursuites possibles grâce à des preuves récoltées avec l’aide de Facebook, qui a transmis leurs messages privés à la police, selon Bloomberg.

L’annulation de la loi Roe v. Wade avait provoqué des manifestations géantes à travers tout le pays, mais aussi une grande inquiétude concernant les données collectées par les entreprises comme Google, Facebook ou encore Twitter. Les manifestants craignant la possibilité que celles-ci soient utilisées contre un citoyen. Avec cette affaire, les inquiétudes se sont vérifiées.

Le délai légal pour avorter dépassé

Le tribunal du comté de Madison a poursuivi Celeste Burgess et sa mère Jessica pour avoir brûlé et enterré un bébé, après une fausse couche, selon leurs déclarations relayées par le média local Lincoln Journal Star. Selon les enquêteurs, la jeune fille était alors enceinte de près de six mois, soit entre 23 et 27 semaines de grossesse. Sauf que dans le Nebraska, l’avortement est légal uniquement jusqu’à 20 semaines de grossesse. Lundi 8 août, le gouverneur du Nebraska, Pete Ricketts, a regretté dans un communiqué que les sénateurs aient refusé d’abaisser ce délai à 12 semaines.

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Les preuves ont pu être récoltées grâce à Facebook. Les enquêteurs ont présenté un mandat à l’entreprise pour accéder aux messages privés de la mère et de la fille sur le réseau social. Le média en ligne Vice a révélé le contenu des messages utilisés pour traduire les deux accusées devant la justice. Ils ont révélé l’achat de pilules abortives par la mère et des échanges sur la date de cet avortement clandestin. « Celeste Burgess dit qu’elle a hâte de sortir cette chose de son corps et réaffirme, dans un échange avec sa mère, qu’elles vont brûler les preuves après », indique l’un des enquêteurs.

Des preuves qui ont permis à la police de perquisitionner leur maison et de récupérer les téléphones et les ordinateurs de la famille, rapporte encore le média américain. C’est seulement après avoir consulté les messages de Celeste Burgess que des accusations d’avortement illégal ont été ajoutées au dossier. La mère est désormais poursuivie pour trois crimes et deux délits, dont ceux d’avoir perpétré un avortement au-delà de vingt semaines, alors qu’elle n’était pas médecin. La fille, elle, est poursuivie pour avoir dissimulé et abandonné un corps, caché un décès et menti lors de l’enquête.

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L’affaire a suscité la polémique aux États-Unis, surtout concernant le rôle joué par Facebook. Le porte-parole du réseau social, Andy Stone, a réagi dans un communiqué : « Rien dans les mandats valides que nous avons reçus des forces de l’ordre locales début juin, avant la décision de la Cour suprême, ne mentionnait l’avortement. Les mandats concernaient des accusations liées à une enquête criminelle et les documents judiciaires indiquent que la police enquêtait à l’époque sur le cas d’un bébé mort-né brûlé et enterré, et non sur une décision d’avortement », a-t-il assuré. Quelques jours après la décision de la Cour suprême, Mark Zuckerberg, le patron de Meta (la maison mère de Facebook), avait pourtant assuré à ses salariés que des efforts seraient réalisés pour crypter les données des utilisateurs et ainsi « protéger les personnes » qui chercheraient à avorter.


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