Ce soir ?

Le béluga, en mauvais état, transporté vers le littoral

Written by admin


Six heures intenses d’un sauvetage périlleux. L’opération pour sortir de l’eau le béluga et tenter de ramener à la mer ce cétacé d’environ 800 kg, jusqu’alors retenu dans une écluse dans l’Eure, s’est déroulée dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 août.

Les 24 plongeurs engagés et les sauveteurs manipulant les cordages autour de l’écluse de Saint-Pierre-la-Garenne ont dû s’y reprendre à plusieurs fois, entre 22 heures et 4 heures du matin, pour attirer l’animal dans les filets et la structure capable de le soulever hors de l’eau, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

Le cétacé, dont l’état de santé a été jugé « alarmant », a fini par être soulevé dans un filet tracté par une grue et déposé sur une barge, où il a été immédiatement pris en charge par une dizaine de vétérinaires vêtus de combinaisons blanches. Durant de longues minutes d’incertitude, l’imposant cétacé s’est retrouvé suspendu en l’air, agitant son corps blanc long de quatre mètres, luisant au-dessus des têtes de ses sauveteurs, à la fois concentrés et fascinés.

À LIRE AUSSILes espèces sauvages, surexploitées et sous-exploitées à la fois

L’animal a ensuite été placé dans un camion réfrigéré « sur de la paille ou un autre élément de confort », à destination du littoral, à environ 160 km, a précisé la secrétaire générale de la préfecture de l’Eure, Isabelle Dorliat-Pouzet. Le camion a pris la route vers 7 h 30 ce mercredi matin en direction d’Ouistreham (Calvados), selon un journaliste de l’AFP. À son arrivée, le cétacé sera installé dans une écluse d’eau de mer où il séjournera plusieurs jours. Il devrait ensuite être emmené en haute mer pour y être relâché « assez loin des côtes » et « laisser la nature reprendre ses droits », a estimé Isabelle Dorliat-Pouzet.

« Intense et stressant »

Une heure après la sortie de l’eau du cétacé, la sous-préfète avait fait un nouvel état des lieux de la situation : « Au moment où je vous parle, il est vivant, il est sur la barge, il a survécu. Il est en cours de soins. On a pu constater que c’est un mâle, qu’il lui manque énormément de poids et qu’il a quelques plaies. »

Une perfusion a été pratiquée « pour l’hydrater et lui permettre de tenir le coup hors de l’eau ». C’était « plus long qu’imaginé », mais « c’est un animal sauvage et c’était une technique nouvelle, donc il a fallu aller pas à pas », a-t-elle rappelé, saluant le travail collectif des quelque 60 personnes – plongeurs, pompiers, gendarmes, zoologues, vétérinaires – impliquées dans l’opération qui avait commencé mardi soir vers 22 heures.

« Le moment où le béluga a été sorti de l’eau dans le filet », vers 4 heures du matin, « a été extrêmement intense et stressant parce qu’il a été surpris, il a bougé. C’était assez stupéfiant », a témoigné la sous-préfète, présente tout au long de l’opération. « Au moment où nous nous parlons, c’est un animal qui résiste et est vivant », a-t-elle ajouté, estimant que « l’opération, quelle que soit la suite, est une réussite ».

« Aujourd’hui est un grand jour pour ce béluga et pour toutes les personnes impliquées dans son sauvetage », a indiqué Sea Shepherd, l’ONG de défense des océans sur son site Internet. L’ONG a évoqué « un parcours d’obstacles » pour gérer une situation « encore très inédite en France et à laquelle personne n’est préparé ».

À LIRE AUSSILa mer, « une jungle où tous les coups sont permis » ?

 


Leave a Comment