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Incendie en Gironde : 6 800 hectares partis en fumée, 10 000 personnes évacuées

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Près de 6 800 hectares de forêts de pins étaient partis en fumée jeudi 11 août au matin après des reprises de feu mardi après-midi du gigantesque incendie de Landiras, a annoncé la préfecture de Gironde. « Près de 1 100 sapeurs-pompiers sont engagés », a ajouté la préfecture, précisant que des « renforts supplémentaires » étaient encore attendus sur les lieux.

Cette nuit, le bilan s’est donc alourdi de 600 hectares de forêt brûlés mais les températures caniculaires qui « devraient se maintenir jusqu’à samedi et se conjuguent avec un air très sec » créent un « risque très sévère d’éclosion de feu », selon un communiqué. « Les conditions sont particulièrement difficiles : la végétation et les sols particulièrement secs après plus d’un mois sans pluie », selon la préfecture.

Jeudi, la Première ministre Élisabeth Borne se rendra en Gironde avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, pour souligner que la mobilisation du gouvernement est « totale ». Selon l’Élysée, le président Emmanuel Macron a aussi échangé avec la Première ministre mercredi après-midi pour « faire le point sur la situation ».

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3 pompiers blessés, 17 habitations détruites

En 24 heures, à un rythme galopant, le feu qui s’est déclaré à Saint-Magne mardi après-midi a déjà détruit 6 800 hectares de forêts, dans le secteur de Hostens, à la frontière avec le département des Landes, également rattrapé par les flammes. « Le feu s’est élargi de tous les côtés et avec la hausse des températures, on a un feu qui a explosé à certains endroits », notamment vers le nord en direction de Belin-Béliet, qui est « menacé », a expliqué le directeur départemental des pompiers de la Gironde, Marc Vermeulen.

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« Aucune victime » n’est à déplorer parmi les habitants, mais la « lutte tous azimuts » contre les flammes a fait deux blessés légers et « un blessé plus sérieux » parmi les pompiers, selon Martin Guespereau. Dix-sept habitations et deux camions de pompiers ont été détruits.

L’autoroute A63 de Bordeaux à Bayonne a été coupée dans les deux sens au niveau de Saint-Geours-de-Maremme, et la dynamique du feu, très mobile, a nécessité l’évacuation, depuis mardi soir, de 10 000 personnes, dont 2 000 dans les Landes, ainsi que d’un Ehpad dans ce département. Comme en juillet, des salles communales ont été ouvertes pour recueillir les habitants qui ont dû quitter leur logement, parfois pour la seconde fois.

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1 500 hectares brûlés dans le Maine-et-Loire

Dans le Maine-et-Loire, les deux principaux incendies qui ont ravagé plus de 1 500 hectares principalement dans les forêts depuis lundi, étaient désormais fixés, a appris jeudi matin l’Agence France-Presse, auprès des pompiers du département. Le feu situé aux alentours de Baugé-sur-Anjou, qui a ravagé la forêt du Pugle, « est fixé depuis 17 h 30 mercredi, avec 1 400 hectares brûlés. On est toujours en défense de points sensibles sur 22 sites car ils se situent dans les surfaces brûlées. On a de très nombreuses reprises, dont certaines pas naturelles », a regretté le Codis.

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« On a une très très grande vigilance : en surface menacée, on est à 200 hectares et cet après-midi on a des conditions météorologiques pas bonnes avec chaleur, vent et degré d’hygrométrie très faible (11 %) », a ajouté le Codis. À Beaulieu-sur-Layon, au sud d’Angers dans la région viticole du Layon, l’incendie est aussi fixé et 150 hectares ont été brûlés. « Le feu nécessite une vigilance puisque, là aussi, on a des reprises non naturelles », selon le Codis.

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Plus de 500 pompiers, dont beaucoup venus d’autres départements, sont encore présents sur ces deux sinistres. Selon les scientifiques, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes (canicule, sécheresse, incendies, etc.) est une conséquence directe du réchauffement climatique, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.


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