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Les assistants d’éducation auront un CDI automatique… après six ans de CDD

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Une petite révolution à quelques semaines de la rentrée. Comme l’ont repéré nos confrères de France Info, le ministère de l’Éducation nationale a publié ce jeudi 11 août au Journal officiel un décret instituant une « CDIsation » automatique pour tous les assistants d’éducation (AED) présents dans les établissements du second degré. Cette mesure s’appliquera à toute personne ayant au moins six ans d’ancienneté, précise le décret publié ce jeudi. Selon le ministère, cette avancée s’inscrit dans le cadre de la loi votée en février dernier sur la lutte contre le harcèlement scolaire.

En 2020, le ministère de l’Éducation nationale comptait plus de 60 000 assistants d’éducation dans les 6 950 collèges et les 3 750 lycées présents en France. Or, jusqu’à présent, ces dizaines de milliers de salariés étaient considérés comme des agents de l’État non titulaires. Et pour cause, ceux-ci signaient des contrats à durée déterminée directement avec le rectorat d’une académie pour des périodes allant de un à trois ans. Sur le terrain, ces AED sont chargés d’encadrer et de surveiller les élèves. En effet, ce corps du ministère de l’Éducation remplace les historiques maîtres d’internat et autres surveillants d’externat.

« Le travail et l’engagement des assistants d’éducation sont désormais sécurisés. Grâce à ce décret signé par le gouvernement, ils auront la possibilité, après six ans d’exercice, de signer un CDI », s’est réjoui le patron de l’Éducation nationale, le ministre Pap Ndiaye. Concrètement, chaque AED qui sera recruté pourra prétendre à un contrat à durée indéterminée à l’issue du renouvellement d’un CDD. Les AED restent, effectivement, recrutés par ce biais, confirme le décret. « Les assistants d’éducation sont recrutés par des contrats d’une durée maximale de trois ans, renouvelables dans la limite d’une période d’engagement totale de six ans », est-il écrit.

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Après le CDI, les syndicats réclament une titularisation

Souvent, ces postes d’AED sont occupés par des étudiants. Résultat, il s’agit parfois de contrat à temps partiel. Le texte signé de la main d’Élisabeth Borne va, néanmoins, dans le sens de ces assistants d’éducation. En effet, le CDI sera proposé, que l’agent ait été en temps complet ou non. Par ailleurs, le statut des agents ne change pas. Même avec un CDI, leur supérieur hiérarchique reste, toujours selon le Journal officiel, le recteur d’académie, avec qui le contrat sera signé. Enfin, dans le cas où le proviseur du lycée ou le principal d’un collège s’opposerait à cette « CDIsation », ceux-ci devront justifier leur choix.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, cités par nos confrères, la moitié des AED présents dans les établissements scolaires du second degré sont des trentenaires. Ainsi, une « meilleure sécurité » sur le plan professionnel est souvent l’une des attentes de ces agents. En mars dernier, justement, ils avaient fait grève pour dénoncer une précarité de leur poste. Au-delà d’un contrat à durée indéterminée, les syndicats d’AED réclamaient une titularisation dans la Fonction publique. Par ailleurs, depuis la rentrée de septembre 2021, les assistants d’éducation bénéficient de primes lorsqu’ils sont présents dans un établissement membre du réseau d’éducation prioritaire (REP et REP + ).

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