Ce soir ?

Ukraine : l’ONU craint une catastrophe autour de la centrale nucléaire de Zaporijia 

Written by admin


« L’heure est grave », a lancé jeudi 11 août le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devant le Conseil de sécurité de l’ONU, réclamant l’accès à la centrale nucléaire de Zaporijia que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’avoir bombardée. « L’heure est grave et l’AIEA doit être autorisée à mener sa mission à Zaporijia aussi vite que possible », a déclaré Rafael Grossi, intervenant en vidéo lors de cette réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

« Le temps presse », a-t-il insisté, alors que l’AIEA tente depuis des semaines d’envoyer une mission pour inspecter la centrale, mission que Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de freiner. Le site de la centrale de Zaporijia, la plus grande d’Europe, sous contrôle russe depuis début mars, a de nouveau été bombardé, jeudi 11 août, Kiev et Moscou s’accusant une nouvelle fois d’en être responsables.

Les alliés de l’Ukraine, soulignant la nécessité de la mission de l’AIEA, ont pointé du doigt, devant le Conseil de sécurité, la responsabilité russe. « La solution pour ce qui se passe à Zaporijia est simple. Les États-Unis appellent la Fédération de Russie à retirer immédiatement ses forces du territoire ukrainien », a déclaré Bonnie Jenkins, sous-secrétaire d’État américaine au désarmement.

À LIRE AUSSIVers une guerre nucléaire par mégarde ?

« Plus vite nous stopperons la Russie, plus vite l’Europe et le monde se sentiront à nouveau en sécurité »

Sans surprise, l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia a rejeté la faute sur Kiev et ses alliés. « Nous appelons les États soutenant le régime de Kiev à […] le forcer à mettre un terme une fois pour toutes aux attaques contre la centrale de Zaporijia », et l’ONU et l’AIEA à dire aux autorités ukrainiennes que leurs actions sont « inacceptables », a-t-il déclaré.

À LIRE AUSSIBruno Tertrais – Quel monde nucléaire après la guerre d’Ukraine ?

« La véritable échelle d’une catastrophe nucléaire à la centrale est difficile à imaginer. L’entière responsabilité en reviendrait aux soutiens occidentaux de Kiev », a insisté l’ambassadeur russe, qualifiant de « surréalistes », « cyniques et absurdes » les accusations contre Moscou. « Les Russes sont bien connus pour leurs plans élaborés de tromperie, de sabotage et de dissimulation, comme celui que nous voyons aujourd’hui », a répondu l’ambassadeur ukrainien à l’ONU Sergiy Kyslytsya.

À LIRE AUSSIEXCLUSIF. « La rhétorique nucléaire de Poutine est dangereuse »

« Aucun d’entre nous ne peut stopper le vent transportant les radiations, mais ensemble nous pouvons stopper un État terroriste. Et plus vite nous stopperons la Russie, plus vite l’Europe et le monde se sentiront à nouveau en sécurité », a-t-il ajouté.

Une zone démilitarisée autour de la centrale

Alors que la Russie a aussi accusé les services de l’ONU d’avoir empêché la mission de l’AIEA, le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres a, lui, rejeté cette idée. « Il s’agit d’une centrale nucléaire au milieu d’un champ de bataille. Je pense qu’on peut imaginer au moins deux ou trois pages d’obstacles », a noté Stéphane Dujarric.

À LIRE AUSSIÉnergie : « La crise ukrainienne est la goutte qui fait déborder le vase »

Pour garantir la sécurité du site et permettre une mission d’inspection, Antonio Guterres et les États-Unis ont appelé jeudi à la mise en place d’une zone démilitarisée autour de la centrale. « Malheureusement, au lieu d’une désescalade, des incidents encore plus inquiétants ont été rapportés ces derniers jours, incidents qui, s’ils se poursuivent, pourraient conduire à une catastrophe », a déclaré Antonio Guterres dans un communiqué.


Leave a Comment