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La presse conservatrice iranienne félicite l’agresseur de Salman Rushdie

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En Iran, l’agression de Salman Rushdie a été très commentée dans la presse. Le principal quotidien ultraconservateur iranien, Kayhan, a félicité, samedi 13 août, l’homme ayant poignardé la veille aux États-Unis l’écrivain britannique, auteur des Versets sataniques, cible depuis plus de 30 ans d’une fatwa de l’Iran. « Bravo à cet homme courageux et conscient de son devoir qui a attaqué l’apostat et le vicieux Salman Rushdie », écrit le journal, dont le patron est nommé par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Baisons la main de celui qui a déchiré le cou de l’ennemi de Dieu avec un couteau », poursuit le texte. Salman Rushdie a été agressé au cou et à l’abdomen alors qu’il se tenait sur l’estrade d’un amphithéâtre d’un centre culturel à Chautauqua, dans le nord-ouest de l’État de New York. Selon son agent, il a été placé sous respirateur artificiel et pourrait perdre un œil. Le pouvoir iranien n’a pour le moment pas commenté officiellement la tentative d’assassinat sur l’intellectuel de 75 ans.

« Le cou du diable »

Suivant la ligne officielle, l’ensemble des médias iraniens ont qualifié Salman Rushdie d’« apostat », à l’exception d’Etemad, journal réformateur. Le quotidien Iran, journal étatique, a estimé que « le cou du diable » avait été « frappé par un rasoir ». « Je ne verserai pas de larmes pour un écrivain qui dénonce avec une haine et un mépris infinis les musulmans et l’islam », a écrit dans un tweet Mohammad Marandi, conseiller de l’équipe de négociateurs sur le dossier nucléaire. « Rushdie est un pion d’empire qui se pose en romancier postcolonial », a-t-il ajouté.

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« N’est-il pas étrange que, alors que nous approchons d’un potentiel accord sur le nucléaire, les États-Unis prétendent qu’une attaque sur Bolton [ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche] était prévue… et que cela se produise ensuite », s’interroge-t-il. Salman Rushdie avait embrasé une partie du monde musulman avec la publication en septembre 1988 des Versets sataniques, conduisant le fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, à émettre en 1989 une « fatwa » demandant son assassinat.


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