Ce soir ?

Manchester United, un grand club menacé d’extinction

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C’est simple, depuis un siècle, on n’avait jamais vu ça en Angleterre : un entraîneur de Manchester United qui perd ses deux premiers matchs. En s’inclinant face à Brighton (1-2) et à Brentford (0-4), Erik ten Hag ne pensait sans doute pas marquer les esprits de cette manière pour ses débuts en Premier League. Faut-il pour autant blâmer uniquement l’entraîneur néerlandais tant les Red Devils ont déçu ces dernières années ? Depuis le départ de Sir Alex Ferguson en 2013, les Mancuniens ne sont plus la terreur qu’ils étaient au début du siècle. Et s’il y a eu quelques rebonds de courte durée avec Louis van Gaal et José Mourinho, Manchester United ressemble bel et bien aujourd’hui à un gâchis.

« Ce club est devenu un cimetière pour les joueurs de football » : après la claque subie à Brentford, Gary Neville n’a pas été tendre avec ses successeurs sur Sky Sports. L’ancien capitaine des Red Devils pointe un manque de lisibilité et des échecs individuels qui s’accumulent. « L’un des problèmes de Manchester United depuis 10 ans, c’est qu’il a souvent changé de manageur et de stratégie. C’est un problème majeur. […] 75 % des joueurs qui sont arrivés n’ont rien donné. 20 % sont moyens, seuls 4 ou 5 % ont donné quelque chose. » Il est vrai qu’Old Trafford a rarement pu se réjouir ces dernières années de ses recrues : à part Bruno Fernandes et le retour de Cristiano Ronaldo, il y a eu peu de satisfactions.

Qui sont alors les responsables de cet échec qui s’amplifie d’année en année ? Pour Geoffroy Fischer, responsable des supporteurs de Manchester United en France, la direction est en première ligne. « La situation peut être imputée aux dirigeants, explique-t-il au Point, même si ce n’est pas toujours direct : dans la gestion des transferts, dans le choix des joueurs et des coachs sur le long terme. Plusieurs moments clés ont été ratés. » Dans cette perspective, l’épisode de la Super League en avril 2021 a un peu plus cristallisé les tensions. « Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, les fans râlaient depuis un bout de temps et on arrive à une situation de rupture, car c’était la dernière étape à ne pas faire. Ce n’est pas la principale faute commise depuis une décennie, mais c’est une raison de plus pour dire que ça ne va pas dans le bon sens. »

Manchester United est-il donc condamné au second rang des grands clubs européens ? Le dernier trophée remonte à 2017, mais, au-delà du palmarès, on a le sentiment que les Red Devils ne peuvent plus boxer dans la catégorie des poids lourds. La claque subie récemment face à Liverpool (défaite 0-5 à domicile la saison dernière) l’illustre bien. « Il ne faut plus se voiler la face, on est dans une phase à l’AC Milan. On sait que c’est cyclique, Liverpool a vécu la même chose pendant pas mal d’années. Il y a de plus en plus de clubs au top niveau comme West Ham, Leicester, Aston Villa qui peuvent nous concurrencer. C’est difficile de s’en relever », déplore Geoffroy Fischer. En plus de voir leur rival historique (Liverpool) menacer leur record de titres, les Mancuniens subissent aussi l’affront sur le plan local avec City qui leur vole la vedette.

Liverpool au programme lundi prochain

Et les caprices de diva n’ont rien arrangé à la situation cet été. Désireux de pousser encore plus loin ses records en Ligue des champions, Cristiano Ronaldo a fait savoir ses envies d’ailleurs et a boycotté la reprise à la suite de la non-qualification des Red Devils pour la prochaine coupe aux grandes oreilles. L’attaquant portugais, pourtant adulé à Old Trafford, est dans le viseur. Parti avant la fin d’un match amical contre le Rayo Vallecano, le quintuple Ballon d’or s’est attiré les foudres de son entraîneur. « Je n’accepte certainement pas cela. Je pense que c’est inacceptable pour tout le monde », avait fustigé le coach à la télévision néerlandaise. Manchester United s’est ainsi retrouvé avec un problème de plus, alors que ses soucis étaient déjà bien nombreux…

Comment trouver des motifs d’espoir dans ce tableau bien sombre ? Pour Geoffroy Fischer, le mot clé est bien la patience. « Il faut deux ou trois ans à ten Hag pour remettre le navire à flot. Malheureusement, on ne lui laissera pas de répit. La pression est énorme, il faut des résultats à court terme : ça passera par le mercato, par un déclic psychologique. En présaison, l’équipe a montré un beau visage, mais les erreurs individuelles ont plombé tout ça derrière. Chaque individu doit se remettre en question. » Le prochain rendez-vous des Mancuniens s’annonce en tout cas explosif : Liverpool, qui n’a toujours pas gagné cette saison en Premier League, se rend à Old Trafford lundi. Malheur au vaincu.


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