Ce soir ?

Royaume-Uni : l’inflation à 10,1 % en juillet, au plus haut depuis 1981

Written by admin


Le coût de la vie encore en hausse outre-Manche. Le taux d’inflation au Royaume-Uni a bondi en juillet à 10,1 % sur un an, au plus haut depuis 40 ans. Une hausse généralisée des prix essentiellement tirée par les hausses des prix de l’alimentation, aggravant une crise du coût de la vie déjà sévère dans le pays, a annoncé mercredi 17 août l’Office national des statistiques (ONS). Les hausses de prix concernent tous les secteurs, mais « les denrées alimentaires ont particulièrement augmenté, en particulier la boulangerie, les produits laitiers, la viande et les légumes », mais aussi « les plats à emporter », a détaillé Grant Fitzner, chef économiste de l’ONS, sur Twitter.

En juin déjà, l’inflation atteignait 9,4 % sur un an et les hausses de prix pourraient dépasser 13 % en octobre, quand des hausses drastiques des prix de l’énergie, qui flambent eux aussi, sont prévues, selon les prévisions de la Banque d’Angleterre. En juillet, les hausses de prix ont touché des articles de base tels que les aliments pour animaux de compagnie, le papier toilette, les brosses à dents et autres déodorants, mais aussi, en pleine période de vacances scolaires, des séjours et du transport aérien, selon l’ONS. Le coût des matières premières et des biens à la sortie des usines a, lui aussi, continué d’augmenter.

À LIRE AUSSILe Royaume-Uni, de dépression en récession

Un pouvoir d’achat en berne

L’inflation fait fondre à une vitesse record le pouvoir d’achat des Britanniques, avec des salaires réels, c’est-à-dire ajustés après les hausses de prix, qui ont perdu 3 % pour les trois mois terminés fin juin, avait annoncé l’ONS mardi. Ces rémunérations réelles, hors bonus, ont « chuté à la vitesse la plus rapide jamais enregistrée depuis le début de statistiques comparables en 2001 », a précisé mardi Darren Morgan, directeur des statistiques économiques de l’Office national des statistiques (ONS), sur Twitter.

« Les employeurs font leur possible pour aider leur personnel à traverser cette période, mais une large majorité ne peut se permettre d’augmenter les salaires suffisamment pour suivre l’inflation », a réagi le syndicat patronal CBI dans un communiqué. Il se fait aussi l’écho des difficultés à recruter des entreprises dans un pays touché par de sévères pénuries de main-d’œuvre. De nombreux Britanniques sont en effet sortis du marché du travail depuis la pandémie, entre Covid longs, pathologies chroniques dont les traitements ont été retardés et retraites anticipées. Le phénomène ne s’est pas résorbé outre-Manche, contrairement à l’UE ou aux États-Unis.

À LIRE AUSSILuc de Barochez – La succession toxique de Boris Johnson

Le démissionnaire Johnson critiqué

Le problème s’est même aggravé entre avril et juin, selon l’ONS, qui relève que « le nombre de personnes économiquement inactives pour cause de maladie de longue durée » a augmenté. Il y a au total plus de 500 000 personnes de moins sur le marché du travail depuis le début de la pandémie.

Les conséquences de cette inflation se font déjà sentir sur l’économie : le produit intérieur brut (PIB) britannique s’est contracté de 0,1 % au deuxième trimestre, avant une probable entrée en récession à la fin de l’année. « Je comprends que les temps sont durs et que les gens s’inquiètent des augmentations de prix auxquelles les pays du monde entier sont confrontés », a réagi le ministre des Finances Nadhim Zahawi, mettant en avant le paquet de soutien de 37 milliards de livres déjà annoncé par le gouvernement.

De nombreuses voix appellent à faire bien davantage face à des hausses de prix historiques, critiquant l’inaction de l’exécutif en pleine campagne des conservateurs pour choisir le successeur du Premier ministre démissionnaire Boris Johnson. La Banque d’Angleterre, qui a déjà relevé plusieurs fois ses taux d’intérêt depuis 2021 pour tenter de calmer l’inflation, avait annoncé début août une hausse de ses taux directeurs d’un demi-point de pourcentage, plus forte augmentation depuis 1995. « L’étendue et l’ampleur de l’inflation met une pression supplémentaire sur la Banque d’Angleterre » pour augmenter ses taux, estime l’économiste de KPMG Yael Selfin.

À LIRE AUSSIRoyaume-Uni : l’incroyable désinvolture de Boris Johnson


Leave a Comment