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Mali : 500 jours de captivité pour Olivier Dubois

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Le 8 avril 2021, le monde entier apprenait la nouvelle : Olivier Dubois, alors journaliste collaborateur régulier du Point, de Libération et de Jeune Afrique, avait été enlevé, à Gao, au Mali, par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste, liée à Al-Qaïda et opérant au Sahel. 500 jours ont passé, et Olivier Dubois, âgé aujourd’hui de 48 ans, reste le seul otage français dans le monde depuis la libération en octobre 2020 de Sophie Pétronin, également enlevée au Mali.

La famille d’Olivier, ses amis et ses collègues, soutenus par RSF multiplient les actions depuis lors pour demander sa libération et faire en sorte que son sort ne soit pas oublié (déploiement d’une banderole avec RSF dans 20 mairies en métropole et en Martinique, ainsi qu’au Panthéon en mars 2021, des vidéos, le rappel chaque 8 du mois de la date de son enlèvement, des marches en Lorraine, la mobilisation de clubs de la presse, en Martinique, à Metz, ainsi que des événements au Mali, etc.).

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Mobilisation sans relâche pour sa libération

En janvier 2022, sa famille a lancé une pétition en ligne pour demander sa libération. En avril, pour le premier anniversaire de son enlèvement, elle a réalisé une vidéo pour sensibiliser le public, avec la participation de plusieurs journalistes.

Début août, la mère, la sœur et le beau-frère d’Olivier Dubois ont appelé à écrire à Emmanuel Macron pour demander sa libération. Ils demandaient à ceux qui veulent le soutenir de se procurer « une carte postale respectueuse de son destinataire » et d’y écrire ce message : « Bonjour M. le Président, quand Olivier Dubois journaliste, rentrera-t-il en France ? 500 jours… Libérons Olivier Dubois. » La carte est ensuite à envoyer à l’Élysée, « sans timbre, c’est gratuit » pour information.

Ce 20 août, le comité de soutien pour la libération d’Olivier Dubois #FreeOlivierDubois a réalisé une vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux avec la contribution d’acteurs de la profession, de défenseurs des droits, de personnalités, de membres de sa famille et d’amis en France (métropole et Martinique, d’où il est originaire) et au Mali, ainsi que des anonymes membres de son comité de soutien.

Depuis son enlèvement le 8 avril 2021, deux preuves de vie ont été diffusées par vidéo le 5 mai 2021 et le 13 mars 2022. « Les jours s’égrènent, hélas, mais notre espoir et la mobilisation pour Olivier Dubois ne faiblissent pas. Avec cette vidéo, nous voulons fédérer toujours plus de citoyens autour de la cause d’Olivier. Nous pensons que son sort pose des enjeux de société et nous voulons questionner et interpeller le pouvoir et l’opinion publique ; sensibiliser et défendre la liberté de la presse, et bien sûr, celle d’informer. C’est la raison pour laquelle cette vidéo est composée de visages d’anonymes, de personnalités et de proches d’Olivier. Car nous sommes tous concernés », disent les membres du comité qui compte autant d’amis que de professionnels du métier.

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Les autorités françaises mobilisées

La veille des 500 jours, le vendredi 19 août, le gouvernement français dit rester totalement engagé pour la libération du journaliste, après le retrait cette semaine de la force Barkhane de ce pays en proie à la propagation djihadiste. « Le retrait de l’opération Barkhane du Mali ne diminue en rien la mobilisation de la France pour faire libérer Olivier Dubois », a dit devant la presse le porte-parole adjoint des Affaires étrangères, François Delmas. Les États français et malien assurent chacun être mobilisés pour la libération d’Olivier Dubois.

Le dernier soldat français a quitté le Mali après neuf ans d’engagement contre les djihadistes. La junte au pouvoir à Bamako depuis le putsch d’août 2020 s’est détournée de la France et de ses alliés pour se tourner vers la Russie. « Tous les efforts sont déployés pour obtenir la libération de notre compatriote », a déclaré François Delmas. Le porte-parole adjoint des Affaires étrangères a assuré que les autorités françaises maintenaient un contact régulier avec ses proches. Il a répété que, en matière d’enlèvements, « la discrétion est une condition essentielle de l’efficacité de l’action de l’État et de la sécurité des personnes ».

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