Ce soir ?

Virginie Calmels, la tentation Montebourg

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En plus d’un slogan un peu décapant (« La remontada de la France »), Arnaud Montebourg a avancé, l’an dernier, quelques idées originales dans sa campagne présidentielle. Il a, un moment, suggéré de mettre sur pied l’équivalent du Conseil national de la résistance, qui serait composé de personnalités de droite comme de gauche. Le candidat à l’Élysée a même réfléchi, pendant quelques jours, à nommer Virginie Calmels comme directrice de sa campagne. L’hypothèse a fait long feu. Le nom de l’ex-adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, aujourd’hui candidate à la présidence de LR, a créé pas mal de remous au sein de l’entourage d’Arnaud Montebourg, composé en grande partie d’élus de gauche.

L’idée vient de l’ex-époux de Virginie Calmels, François-David Cravenne. L’homme est un conseiller en communication, proche notamment de l’ex-président de la fédération LR de Paris, Philippe Goujon. L’été dernier, il devient conseiller d’Arnaud Montebourg, avec un autre homme classé à droite, Jérôme Doncieux. Leur arrivée dans l’équipe de Montebourg ne plaît pas à tout le monde. Lorsque, en octobre 2021, Cravenne suggère le nom de son ex-épouse pour conseiller le candidat, certains s’interrogent. « Sur le principe, on se dit “pourquoi pas ?”, raconte un ancien membre de l’équipe de Montebourg. La question n’est pas qui vient, mais pour dire quoi. On veut donc une déclaration qui montre son soutien à l’égard d’Arnaud. »

Bataille interne

L’ex-patronne (elle a notamment dirigé d’Endemol France) et vice-présidente de LR entre 2017 et 2018 est de son côté intéressée. « Elle veut bien participer à la campagne, si un vrai CNR est mis sur pied », dit un proche. Arnaud Montebourg semble, quant à lui, un peu sceptique. Il ne ferme pas la porte, puisqu’il rêve de rassembler autour de son nom des personnalités de droite, mais attend de voir. Il dîne avec Virginie Calmels, chez un ami, mi-octobre. Le courant passe entre les deux, assure un intime de Virginie Calmels. « Ils sont très complémentaires. Arnaud avait d’ailleurs dit que, s’il était élu à la présidence de la République, il la nommerait Première ministre. »

Mais en coulisse, les tenants d’une ligne à gauche bataillent avec ceux qui, tels Cravenne et Doncieux, veulent tirer Montebourg vers la droite et le CNR. Le nom de Virginie Calmels, évidemment, envenime un peu plus les rapports entre les deux camps. L’affaire commence à capoter, d’autant que Virginie Calmels ne sent pas une inflexion suffisante dans la ligne défendue par Montebourg. « On n’a jamais vu aucune déclaration de sa part montrant son soutien ! » témoigne Valentin Przyluski, ancien conseiller d’Arnaud Montebourg. Au bout d’une dizaine de jours, l’affaire est réglée. Virginie Calmels se retire. Moins d’un an plus tard, elle est candidate à la présidence des Républicains.

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