Ce soir ?

À Angoulême, tous les trésors du cinéma français

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Fier sur ses ergots, le fameux coq tricolore est depuis 1896 l’emblème de la société cinématographique fondée par Charles et Émile Pathé. Et le gallinacé chante toujours, comme l’annonce le titre de l’exposition estivale qui est un des temps forts du Festival du film francophone d’Angoulême, fondé par Dominique Besnehard et Marie-France Brière et dont Le Point est partenaire.

Bon prétexte pour fêter le cinéma, ce mélange de réalité et de spectacle cher à Truffaut, non seulement avec les projections de trésors historiques – Les Enfants du paradis, de Marcel Carné (1945), Le silence est d’or (1947) et Paris qui dort (1924), de René Clair -, mais aussi à travers la belle scénographie de Maciej Fiszer qui mettra en scène l’exposition Edvard Munch au musée d’Orsay à la rentrée.

Coulisses. Sur place, l’espace Franquin invite à une immersion dans les coulisses de la fabrication d’un film avec la découverte des ateliers de montage, de mixage sonore et de bruitage, d’espaces réservés aux costumes, caméras, photos, affiches, story-boards, scénarios, accessoires (des épées des Trois Mousquetaires au bouclier d’Abraracourcix dans le prochain Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu) et aux innovations technologiques. Ici, le patrimoine de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé se conjugue avec une politique ambitieuse du cinéma et de son écrin, la salle.


Patrimoine. Les costumes portés par Claudia Cardinale et Alain Delon dans « Le Guépard », le chef-d’œuvre de Luchino Visconti (1963).

« Le défi, insiste Pénélope Riboud-Seydoux, directrice générale de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, c’était de créer un lien entre le Pathé d’hier et le Pathé de demain en montrant la diversité des métiers qui s’y attachent, notamment dans la préservation et la restauration de notre catalogue. » Ce dernier, riche de dix mille films – dont neuf mille muets abrités dans la Fondation Pathé – et unique au monde, constitue la mémoire du cinéma depuis La Sortie de l’usine Lumière à Lyon, le premier film de Louis Lumière (1895).

Palaces. « À Angoulême, ajoute la commissaire de l’exposition, la salle Méliès diffuse en continu le fameux Journal Pathé sur les grands événements du XXe siècle [la révolution russe de 1905, l’affaire Dreyfus, l’exploit de Charles Lindbergh, NDLR]. Des images qui me donnent encore la chair de poule. À côté, dans la salle Iribe, on est au cœur d’un dispositif spatialisé de dix écrans sur lesquels passent des extraits de films par genre, action, drame, comédie, suspense. » Un parcours pédagogique et ludique qui illustre les progrès techniques de l’industrie cinématographique. On y découvre, enfin, un espace consacré à ces palaces dont Charles Pathé fut l’un des pionniers, à l’image du Pathé Palace à l’Opéra qui, en 2024, totalement rénové, offrira un complexe de salles ultramoderne et deviendra le siège social de la société.

« L’objectif de notre exposition, c’est l’émotion, le grand frisson, le rire et les larmes », résume Pénélope Riboud-Seydoux, adepte du changement dans la continuité. Et ainsi rester fidèle à l’esprit de Charles Pathé, fils de charcutiers devenu empereur du 7e art, qui inspira le futur Hollywood et transforma le cinématographe, attraction de foire, en spectacle de masse§

Festival du film francophone d’Angoulême, jusqu’au 28 août. Exposition « Pathé ! Le coq chante encore » à l’espace Franquin, jusqu’au 3 septembre (entrée libre).


Plein la vue !



  • Insolite. Louis Garrel et Noémie Merlant dans « L’Innocent », le nouvel film de Louis Garrel.


  • Incarnation. Elsa Zylberstein dans le biopic d’Olivier Dahan consacré à Simone Veil.


  • Témoignage. « Le Silence des mots », le documentaire de Michael Sztanke et Gaël Faye sur le Rwanda.

Pour cette 15e édition, le président, André Dussollier, et ses huit jurés doivent départager dix films en compétition, parmi lesquels Annie Colère, de Blandine Lenoir, avec Laure Calamy, Les Pires, de Lise Akoka et Romane Gueret, Le Bleu du caftan, de Maryam Touzani, Houria, de Mounia Meddour, La Page blanche, de Murielle Magellan, et Le Sixième Enfant, de Léopold Legrand, tous les deux avec Sara Giraudeau, ou Les Survivants, de Guillaume Renusson, avec Denis Ménochet. De son côté, le jury des étudiants, présidé par Gwendoline Hamon, décernera dix Valois lors du palmarès, dimanche 28 août. 

Une comédie, Une belle course, de Christian Carion, avec Line Renaud et Dany Boon, a fait l’ouverture du festival et une autre comédie, L’Innocent, de et avec Louis Garrel, Roschdy Zem, Anouk Grinberg et Noémie Merlant, le clôturera, le 28 août. 

Quatre sections (Les Flamboyants, Les Premiers Rendez-vous, Nouveaux Regards, Les Coups de cœur) affichent seize films, tandis que vingt et une avant-premières sont prévues, parmi lesquelles Les Amandiers, de Valeria Bruni-Tedeschi, avec Nadia Tereszkiewicz et Louis Garrel, Citoyen d’honneur, de Mohamed Hamidi, avec Kad Merad, La Dégustation, d’Ivan Calbérac, avec Isabelle Carré et Bernard Campan, Maestro(s) de Bruno Chiche, avec Yvan Attal, Pierre Arditi et Miou-Miou, Simone, le voyage du siècle, le très attendu biopic d’Olivier Dahan sur Simone Veil, incarnée par Elsa Zylberstein, Rumba la vie, de et avec Franck Dubosc, et Jack Mimoun et les secrets de Val Verde, de Malik Bentalha et Ludovic Colbeau-Justin. 

Douze films sont au programme de l’hommage à Pathé, parmi lesquels Les Enfants du paradis, La Reine Margot, Banzaï, Tchao Pantin, Mort d’un pourri, L’Ours et Le Chant du Loup.

Enfin, cette année, le pays à l’honneur est le Rwanda avec une sélection de deux courts-métrages et de neuf films dont Le Silence des mots, de Michael Sztanke et Gaël Faye, ainsi que Rwanda, du chaos au miracle, de Sonia Rolland. Cette dernière sera d’ailleurs l’invitée de la table ronde «  La résilience : facteur de développement et de culture », animée par Nicolas Bastuck du Point, le vendredi 26 août, à 15 heures, au palais de justice. 

Vidéo. Bande-annonce de « La Dégustation » d’Ivan Calbérac.

Vidéo. Bande-annonce de « Simone, le voyage du siècle » d’Olivier Dahan.

Vidéo. Bande-annonce de « Citoyen d’honneur » de Mohamed Hamidi.


Vidéo. Bande-annonce de « L’innocent » de Louis Garrel, film de clôture du festival.


Vidéo. Bande-annonce de « Rumba la vie » de Franck Dubosc.


Vidéo. Bande-annonce de « Jack Mimoun et les secrets de Val Verde » de Malik Bentalha et Ludovic Colbeau-Justin.


Vidéo. Extrait de « Les Amandiers » de Valeria Bruni-Tedeschi.


Vidéo. Bande-annonce de « Le Sixième Enfant » de Léopold Legrand.


Vidéo. Bande-annonce de « La Page blanche » de Muriel Magellan.


Vidéo. Extrait de « Houira » de Mounia Meddour.


Vidéo. Extrait de « Le Bleu du caftan » de Maryam Touzani.


Vidéo. Extrait de « Les Pires » de Lise Akoka et Romane Gueret.


Vidéo. Extrait de « Annie Colère » de Blandine Lenoir.


Pathe/Everett/Aurimages – PATHE FILMS – Les Films des Tournelles – Warner Bros – Sébastien Daguerressar/Production Babel Doc/Arte G.E.I.E.

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