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« House of the Dragon » saison 1, épisode 2 : vite, vite, marions le roi !

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Lors de sa diffusion le 21 août dernier aux États-Unis sur les canaux de HBO, le premier épisode de House of the Dragon a réuni 9,98 millions de téléspectateurs (en comparaison, le premier épisode de Game of Thrones avait accroché 2 millions de curieux en 2011). Le groupe Warnermedia s’est empressé d’annoncer dès le lendemain avoir ainsi réalisé « la plus grande audience pour une nouvelle série originale dans l’histoire de HBO ». Vendredi 26 août, ils étaient plus de 20 millions de fidèles à avoir cet épisode inaugural sur les plateformes à la demande et HBO Max outre-Atlantique. Autant dire que le deuxième épisode se devait de ne pas laisser le soufflé retomber. Mission accomplie même si les démonstrations de violence et les scènes gores y ont été estompées.

Petite nouveauté (ou presque) très attendue : le générique absent lors du premier épisode. Un générique grandiose et sanguinolent, mais hélas un peu paresseux, qui se contente de nous offrir une version quasi copiée collée (même musique et concept visuel identique), de celui de Game of Thrones. Outre cette mini-déception, ce deuxième épisode offre encore quelques frissons même si, comme dans un efficace conseil de Koh-Lanta, la stratégie y prend le dessus sur l’action. Car si la semaine dernière, Rhaenyra a bel et bien été choisie par son père, aux dépens de son frère, le redoutable Daemon, pour lui succéder au pouvoir, la course au trône est loin d’être terminée.

Qui vole un œuf…

Pourtant, la princesse ne manque ni d’audace ni de charisme, insiste le scénario qui suit les grandes lignes écrites par George R. R. Martin. Mais elle désobéit effrontément à son mollasson de papa. En effet, le conseil a appris que Daemon, qui en a gros sur la patate, lassé d’être considéré comme l’éternel numéro 2, est parti s’installer sur l’île volcanique de Peyredragon avec Mysaria, la prostituée qu’il souhaite épouser (étant pourtant déjà uni à une autre). Mais surtout, affront suprême, il a volé l’œuf de dragon destiné au « souverain d’un jour » mort-né, pour le léguer à son propre éventuel héritier. Ni une ni deux, Rhaenyra décide d’aller elle-même le récupérer… dans ce qui reste sûrement la plus belle scène de l’épisode.

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Paysage lunaire, lumière dorée baignée de brumes volcaniques, remparts de pierre, majestueux dragon en surplomb… House of the Dragon nous sert le décor témoin de ce bon vieux Game of Thrones. Daemon et ses hommes, flanqué de sa belle Mysaria, reçoivent la visite de la Main du roi, Otto Hightower, venue récupérer l’œuf de dragon « volé » par le sanguin sanguinaire. Vocabulaire guerrier et ordurier au programme de cet échange brutal, mais point d’espoir de voir se résoudre cet affront sans basculer dans un conflit armé tout feu, tout flamme…

C’est alors que Rhaenyra, telle une Casque bleu tout entière dévouée à sa mission, débarque à dos de dragon (impossible de ne pas penser à sa descendante lointaine Daenerys) pour faire la leçon à tonton, récupérer l’œuf de la discorde et repartir, gracieuse, emportée dans un bruissement d’ailes. Pas un mot en revanche sur le bilan carbone de cet aller-retour express.

Un camouflet pour Daemon qui, décidément, perd tous ses moyens face à sa ravissante nièce. Ce qui d’ailleurs n’a pas échappé à sa dulcinée qui lui fait, habillée, une fois n’est pas coutume, une petite scène de ménage à base de « je ne me sens pas en sécurité avec toi » bla-bla… On en connaît une qui va faire long feu !

Des noces à prévoir

Mais la princesse vaillante a beau faire des miracles, elle irrite son papa qui ne goûte point à ses excès de zèle ailés. Pas de quoi désarçonner notre héritière qui pourtant ferait mieux de se méfier du conseil où chacun est à la manœuvre pour l’évincer. Que voulez-vous ? On ne se défait pas en un seul petit épisode, d’une heure soit-il, de la tradition patriarcale qui veut que les femmes n’aient pas le droit de régner.

D’ailleurs, seule Rhaenys Targaryen, « la reine qui ne le fut jamais » (incarnée par la charismatique Eve Best), semble ne pas se faire d’illusion sur le sujet, et en avertit notre naïve héroïne, sans que l’on sache vraiment si son amère tristesse ne cacherait pas une petite satisfaction toute personnelle à constater qu’elle n’aura pas été la seule à avoir raté la marche menant au trône.

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Les traditions ayant la peau aussi dure que celle d’un dragon à la retraite, la seule issue envisagée par les différents membres du conseil est de voir Viseris, veuf éploré mais pas trop, ou du moins pas trop longtemps, convoler en justes noces pour espérer avoir enfin un fils. Et chacun d’avancer, ses pions, ou plutôt ses demoiselles, pour faire plier le souverain.

Deux stratégies s’affrontent : celle de Corlys Velaryon. Le Serpent de Mer n’y va pas par quatre chemins et propose Laena, sa propre fille de 12 ans, au souverain. Dans son trousseau, la garantie d’être protégé de toute attaque extérieure par la flotte de beau-papa. Le souverain tergiverse et accepte de rencontrer l’ambitieuse enfant, déjà parfaitement aguerrie en matière de courbettes.

De l’autre, la redoutable Main du roi, Otto Hightower, joue les marionnettistes avec sa fille, Alicent. Et cette dernière de multiplier les délicates approches avec un roi, abattu de chagrin, et décidément trop à l’écoute de ses sentiments, véritable aveu de faiblesse à Westeros…

Vers qui le cœur de ce bon vieux roi va-t-il pencher ? Pressé par le conseil de donner une réponse, il annonce dans la scène finale de l’épisode avoir choisi pour seconde épouse la demoiselle Hightower, au grand dam de Corlys qui s’en va illico sceller une alliance avec Daemon, le frère banni. Mais surtout de Rhaenyra qui voit tout à coup sa tendre meilleure amie devenir sa rivale (et sa belle-mère), en épousant son souverain de père ! La guerre peut commencer.


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