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Fukushima : 11 ans après, une ville de la centrale lève l’ordre d’évacuation

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Une ville déserte bientôt repeuplée ? Selon la presse japonaise, relayée par la chaîne d’information américaine CNN, la ville de Futaba a décidé le 30 août de lever une partie des restrictions imposées. Si le nom de cette commune ne vous dit rien, un autre devrait vous parler davantage : Fukushima. En effet, la commune de l’est du Japon abrite un tiers des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daichi, endommagée en 2011 à la suite d’un tsunami. Depuis, il était totalement interdit aux Japonais de revenir habiter dans la commune. Un interdit qui est donc levé, partiellement, onze ans après la catastrophe nucléaire.

« Les niveaux de radiation étant retombés relativement bas, l’interdiction d’accès à la zone nord-est de la ville a été levée en mars 2020, mais pas l’interdiction de résidence », justifie la presse japonaise. Depuis janvier dernier, les autorités locales préparaient la ville à un retour de certains habitants, qui en feront la demande. Plus d’une décennie après l’accident de Fukushima, les radiations qui persistent dans l’environnement sont aussi importantes que « deux scanners du corps entier ». Cela correspond, peu ou prou, aux normes internationales régissant les expositions maximales aux particules radioactives.

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Des craintes pour revenir… mais pas sur le nucléaire

Le 11 mars 2011, l’ensemble des habitants qui résidaient à moins de 3 kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima-Daichi avait été contraint de quitter leur domicile. Au total, environ 300 000 personnes étaient concernées, dont les 6 932 habitants de Futuba (d’après un recensement japonais datant de 2010). Onze communes avaient été visées par les décisions d’évacuation, Futuba est la dernière qui était encore concernée par cet ordre de santé publique. Pour autant, tout n’est pas revenu à la normale. « 80 % de la commune reste classée dans la catégorie « retour difficile » », tempère la presse japonaise, citée par CNN. Résultat, malgré les intenses décontaminations déjà réalisées, les habitations le seront au cas par cas, dès que des personnes souhaiteront revenir.

Sur les presque 7 000 citoyens de la ville, seul un sur dix a exprimé le souhait de revenir, selon un sondage japonais. Si les raisons sont multiples, les craintes ne sont pas liées au risque radioactif. En effet, de nombreux anciens habitants redoutent de ne pas pouvoir bénéficier de services de qualité. « Le manque de commerces et de services médicaux ne sera pas résolu de sitôt. Je ne crois pas que la ville se remette vraiment sur pied, malgré le retour de certaines personnes âgées », juge Setsuko Matsumoto, ancienne habitante de la commune, au Japan Times. D’ici à 2030, les autorités locales espèrent voir revenir 2 000 habitants, soit moins de 30 % de la population de 2011.

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