Ce soir ?

Stationnement payant : la Mairie de Paris face aux motards en colère

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Le stationnement payant pour les deux-roues à moteur thermique, qui entre en vigueur jeudi 1er septembre à Paris, promet de faire couler encore beaucoup d’encre et de susciter des milliers de publications sur les réseaux sociaux. Un sujet incandescent où se mêlent urgence climatique et liberté de mouvement. Pour la mairie de Paris, et notamment son maire adjoint aux Transports David Belliard (EELV), il s’agit de mieux organiser l’espace public et de limiter la circulation des véhicules polluants dans la capitale. « C’était notre engagement lors des élections municipales de 2020. Il est temps de délaisser l’essence et de se tourner vers des véhicules moins polluants et moins bruyants », fait valoir l’élu écologiste.

Pour les opposants, la fin de la gratuité revient à pénaliser toutes les personnes travaillant en deux-roues et celles qui font la navette entre la grande couronne et Paris. « C’est une mesure discriminatoire qui pèse en particulier sur les banlieusards. Le vélo, c’est bien quand on habite à Paris, mais pas à 40 ou 50 kilomètres de Paris où l’on vient travailler », s’insurge Jean-Marc Belotti, coordinateur de branche parisienne de la Fédération des motards en colère. Depuis sept ans, cette organisation se bat contre le stationnement payant, déjà en vigueur dans les deux communes limitrophes de Charenton-le-Pont et Vincennes (Val-de-Marne). Elle a déposé un recours contre la mesure devant le tribunal administratif. Le 30 août, David Belliard et Jean-Marc Belotti se sont réunis, se séparant sur un constat d’échec. Si la Fédération des motards en colère n’a pas prévu de manifestation le 1er septembre, elle n’exclut pas d’en organiser dans les prochaines semaines.

« L’usine à gaz » des tarifs

À partir de ce jeudi, tous les propriétaires de deux-roues désirant stationner à Paris doivent être enregistrés via un formulaire disponible en ligne. Le stationnement reste gratuit pour les scooters électriques, qui disposent d’un ticket véhicule basse émission (VBE), les professionnels du soin à domicile et les personnes en situation de handicap. Les motards et conducteurs de scooters paient désormais un tarif visiteur ou résidentiel si leur domicile principal est dans la capitale, en se garant soit sur les emplacements dédiés marqués motos ou 2RM, soit sur la bande de stationnement payant utilisée par les voitures.

Le tarif équivaut grosso modo à la moitié de la redevance de stationnement payée pour une voiture. Pour les deux-roues visiteurs, la zone 1, plus centrale car elle s’étend du 1er au 11e arrondissement, coûte 3 euros l’heure. Attention, le tarif augmente au-delà de deux heures consécutives (12 € pour 3 heures, 25 € pour 6 heures). La zone 2, qui va du 12e au 20e arrondissement, coûte 2 euros l’heure (8 € pour 3 heures, 25 € pour 6 heures). Pour les particuliers ou professionnels résidents, ils peuvent souscrire à un abonnement de 22,50 € pour un an et bénéficier quand ils garent leurs deux-roues d’un tarif de 0,75 € par jour et 4,50 € par semaine.

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Boom des ventes de modèles électriques

Les professionnels dits « mobiles » qui exercent à Paris et résident dans la capitale ou les départements limitrophes (Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) peuvent obtenir un abonnement à 120 euros par an, avec un coût de 0,25 € l’heure de stationnement. Par ailleurs, David Belliard fait valoir qu’il existe des solutions pour les motocyclistes qui viennent de loin pour travailler dans Paris intra-muros. « Nous avons passé des accords avec une centaine de parkings afin de mettre en place un pass. Il revient à 90 euros par mois si le parking principal du propriétaire du scooter ou de la moto est en zone 1 et 70 euros en zone 2 », détaille-t-il.

Pour Jean-Marc Belotti, la tarification mise en œuvre est une « usine à gaz disproportionnée par rapport à la taille du deux-roues, car on peut en mettre trois ou quatre sur une place de parking de voiture ». On estime à environ 42 000 le nombre de places réservées aux deux-roues motorisés. La municipalité de Paris en promet 4 000 de plus. « Il y a environ 100 000 scooters et motos transitant à Paris. Nous souhaitons favoriser la migration vers d’autres mobilités », souligne l’adjoint à la maire, qui évoque plus de 6 000 stationnements résidentiels accordés, 2 500 droits professionnels, près de 1 700 droits pour les 2RM électriques et 80 pour les 2RM handicap.

Une chose est sûre : de nombreux motocyclistes s’apprêtent à revendre leurs deux-roues thermiques. Il devrait y avoir de bonnes affaires sur le marché de l’occasion en Île-de-France. De leur côté, les ventes de modèles électriques, scooters et motos, vont s’envoler dans les prochains mois.

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