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Les bijoux de Paris – Les trésors vintage de Castafiore

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Leur complicité est palpable, leur complémentarité se découvre au fil de l’entretien. Charlotte Rey a passé vingt ans chez Cartier en tant que directrice de la haute joaillerie. Anne Borde a aiguisé son regard pendant trente ans chez Drouot. On apprend au cours de la conversation qu’Eliacim, son arrière-grand-père, était joaillier de la cour auprès de la famille royale égyptienne dans les années 50 avant de s’installer à Paris, avenue de Matignon. Ces deux expertes en joaillerie ont fondé en début d’année la maison Castafiore, qui prodigue, par le biais d’une vitrine digitale, une sélection finement ciselée de bijoux vintage. « J’ai parlé de Castafiore à Anne juste avant le Covid, car je connaissais la sûreté de son œil. J’aime beaucoup le vintage, que ce soit en horlogerie ou dans le mobilier : il m’a semblé que le secteur du bijou précieux ne s’était pas encore professionnalisé ni popularisé à sa juste mesure. À tort, puisque ces pièces ont toutes les valeurs de qualité et de durabilité que réclame notre époque. Elles favorisent l’économie circulaire. D’une manière générale, j’avais du mal à comprendre pourquoi les femmes dépensaient 3 000 euros pour un sac vintage sur les plateformes de seconde main alors qu’il y a des trésors dans la joaillerie dont la valeur intrinsèque est bien supérieure à celle de l’accessoire. »

Alternative aux maisons de vente

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Les deux connaisseuses se positionnent comme une alternative aux maisons de vente. La gamme de prix s’étend de 300 000 à 195 000 euros. « On recherche des pièces qui ont de la personnalité, tout en ayant une valeur perçue palpable grâce aux savoir-faire qui les président, notamment sur le travail de l’or. Autre point très important : nous recherchons des pièces qui sont destinées à être portées. On souhaite vraiment que le bijou reprenne une place dans nos vestiaires », indiquent-elles d’une même voix. L’attrait de l’entreprise repose sur la qualité de la curation et la justesse de l’expertise. Tous les bijoux, signés ou non, sont authentifiés par des partenaires de confiance. 1 500 produits sont actuellement disponibles sur le site.

« Les pièces iconiques sont très demandées, surtout les modèles qui n’existent plus sur le marché. Il y a quelques jours, un bracelet Serpent Bohème de Boucheron en corail et chrysoprase en cabochon est parti instantanément. Idem pour Alhambra : les pièces s’arrachent dès qu’elles arborent des matériaux que l’on ne trouve quasiment plus aujourd’hui. Le corail d’une manière générale est très demandé. Surtout la couleur peau d’ange, qui est différente du corail méditerranéen, à la teinte plus soutenue. Nous avons également découvert des prédilections que nous ne soupçonnions pas. On a récemment vendu une broche Toukan avec un corps en rubis, un bec et des yeux en saphir. Vous seriez surpris du nombre de collectionneurs qui orientent leurs achats vers les broches oiseaux. Nous avons également été ravies que constater la rapidité avec laquelle les passionnées acquièrent ces pièces non signées à partir du moment où elles correspondent à leur goût. On a ainsi vendu en deux heures et pour 28 000 euros un bijou signé Lenfant. La cliente adorait. Elle a juste voulu savoir qui nous étions et elle nous a fait confiance. C’est très agréable de constater la passion réelle qui anime la communauté des amateurs de bijoux. »

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