Ce soir ?

Crise de l’énergie : fermeture coup de poing d’une trentaine de piscines

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« C’est avec regret que nous nous retrouvons dans l’obligation de fermer temporairement notre équipement à cause de la crise énergétique. » Le centre aquatique de Granville, dans la Manche, le stade nautique Nemausa à Nîmes, dans le Gard, la piscine Montbauron à Versailles : tous fermés par l’entreprise Vert Marine, comme une trentaine d’autres piscines.

«  Les hausses du coût de l’énergie que nous subissons tous ne nous permettent plus aujourd’hui de gérer les équipements de manière équilibrée économiquement et pérenne socialement, et ainsi de mener à bien nos missions de service public », justifie l’entreprise, qui gère 80 établissements sportifs. « Si cette hausse était impactée sur le prix d’entrée dans les établissements, ces derniers seraient multipliés par trois ». « Impensable », conclut Vert Marine, qui « en appelle aux instances locales et gouvernementales ». Et ferme sans préavis une partie des piscines qu’elle gère, sans indiquer la date d’une éventuelle réouverture.

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Stupéfaction chez les usagers

« Une mauvaise nouvelle pour les abonnés », râle Kathleen sur la page Facebook de la piscine nîmoise. « Et les salariés ? Et les enfants qui ont le cycle piscine à l’école ? Et les abonnés qui prennent les cours ? » s’alarme Lauranne, à Saint-Mathieu-de-Tréviers, dans l’Hérault. « Adieu les bonnes résolutions de rentrée », soupire Blandine à Cassis (Bouches-du-Rhône). « Il faut trouver une solution pour continuer, peut-être une gestion publique », propose Danielle, à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales. « On avait 23 personnes inscrites pour un cours d’aquagym le lundi. Je ne sais pas comment on va faire », s’inquiète Jean-Louis Langlade, président d’une association de gymnastique volontaire nîmoise, qui utilisait la piscine Nemausa, et préparait sa rentrée. La direction de la piscine indique que les prélèvements des abonnements sont temporairement suspendus, et que les chèques des écoles de natation ne sont, pour l’instant, pas encaissés.

Les collectivités concernées, elles, l’ont très mauvaise. « Une mauvaise surprise » pour Alain Barbe, président de la communauté de communes du Pic Saint-Loup. « On a eu une réunion technique avec eux le 1er septembre, et il n’a jamais été question d’une fermeture de la piscine. On devait se voir le 20 septembre. » Le président de la communauté d’agglomération de Nîmes, Franck Proust, se dit « stupéfait » par cette décision prise « unilatéralement » et annoncée par « un mail informel le dimanche soir à l’administration ». Fabien Doucet, vice-président de la communauté urbaine de Limoges, a lui aussi été avisé « par mail, vendredi soir, à 22 heures passées ». « Nous n’avons eu aucune alerte. Nous devions nous voir pour discuter des indemnisations après la période de Covid. »

Une facture d’énergie passée de 15 à 100 millions d’euros

Tous les élus interrogés disent « comprendre les difficultés de l’entreprise », mais pas du tout la méthode employée. Plusieurs des collectivités concernées se concertent, et certaines ont déjà riposté. « Nous avons fait réaliser un constat d’huissier lundi matin et nous avons mis en demeure Vert Marine de rouvrir le centre aquatique dans les conditions prévues au contrat », détaille le vice-président de l’intercommunalité de Limoges Fabien Doucet, qui « se réserve le droit d’intenter un recours devant le juge compétent. Leur démarche est complètement illégale ». Pas question pour l’élu « de signer un chèque en blanc à l’entreprise. Nous avons des budgets à tenir ».

Dans un communiqué, la direction de Vert Marine, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, a indiqué avoir vu sa facture énergétique globale passer de « 15 à 100 millions d’euros », soit « la totalité du chiffre d’affaires de l’entreprise ». Pour la seule piscine de Granville, dans la Manche, le surcoût en électricité aurait été de 750 000 euros, a indiqué le président de la communauté de communes de Granville à Ouest-France. Vert Marine emploie 2 000 salariés. Ceux des 30 piscines concernées ont été placés en chômage technique.


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