Ce soir ?

PSG et « char à voile » : Christophe Galtier, niveau amateur

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Pauvre Christophe Galtier ! Depuis sa malheureuse tentative d’ironie au sujet des déplacements du PSG en avion privé plutôt qu’en train, il se prend en pleine tête un ouragan de critiques comme notre époque en a le secret. Le brave Kylian Mbappé, qui a eu le mauvais goût d’être présent lors du drame et qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’esclaffer devant son micro, récolte lui aussi son lot de condamnations offusquées.

Les voilà érigés tous les deux en symboles de la morgue des puissants, de la désinvolture criminelle des riches, du je-m’en-foutisme répugnant des sportifs de haut niveau, qui se croient le droit de saloper la planète en avion alors qu’ils devraient montrer l’exemple. Gageons que la leçon sera retenue : dans la position surexposée qui est la leur, il y a des sujets avec lesquels il n’est pas tellement permis de plaisanter, la protection de la nature et les voyages en jet de luxe faisant partie des plus graves.

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Je n’ai pas l’intention de défendre le PSG, dont les malheurs ont le don d’exciter chez moi une sorte de joie mauvaise. Mais, tout de même, l’ampleur de la polémique me paraît démesurée, s’agissant d’un amateur comme Galtier. Je veux dire amateur en tant qu’humoriste. Cet homme est peut-être compétent pour les schémas tactiques et le 4-4-2, mais, pour ce qui est des blagues en public, il est évident qu’il est nul.

Regardez la séquence litigieuse, si vous ne l’avez pas déjà vue : le pauvre en fait des caisses, il joue mal, il a l’air content de lui. Le char à voile lui paraît sans doute une trouvaille hilarante ; il l’a tournée dans sa tête toute la nuit, il fait monter la sauce avec délectation, il surjoue l’assurance sarcastique. Mbappé lui savonne la planche avec ses gloussements serviles. La chute n’en est que plus rude : faible à la base, la vanne mal lancée tombe à plat, et jette un froid sibérien. Spectacle pathétique, qui provoque surtout de l’embarras.

Pour un droit à une blague ratée

Je me demande s’il ne faudrait pas militer pour un droit à la blague ratée, applicable aux non-professionnels qui, comme Galtier, s’essayent à l’humour sans succès. Notre époque, indulgente pour tant de délits, ne pourrait-elle pas l’être aussi pour les plaisanteries foireuses ? Il ne faudrait pas abuser, mais un fiasco de temps à autre pourrait être excusé ; on fermerait les yeux avec un silence étudié, qui plongerait le contrevenant dans la honte.

À la limite, je trouve même qu’il y a dans certaines blagues ratées une sorte de grandeur sublime, proportionnelle à l’embarras qu’elles suscitent et à leur manque d’à-propos. Une blague vraiment loupée marque mieux les mémoires qu’une blague réussie. Souvenez-vous d’Arnaud Montebourg : « Le seul défaut de Ségolène Royal, c’est son compagnon. » Dans le genre, c’était un chef-d’œuvre, qui a marqué son époque. La blague du char à voile est à inscrire dans ce registre, et marquera peut-être la sienne. On ne met pas l’auteur d’un si beau flop au pilori, on l’applaudit.


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