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Radio France : Sibyle Veil en pole position pour sa succession

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Elle aura tenté de faire durer le suspense quelques mois. À 44 ans, Sibyle Veil souhaite rempiler pour un second mandat à la tête de Radio France alors que l’audiovisuel public doit faire face à la suppression de la redevance. « J’ai envie de poursuivre les transformations qu’on a engagées – élargir notre cœur de métier vers l’audio au sens large, c’est-à-dire les podcasts, le DAB+, les enceintes connectées… – et continuer de rajeunir notre auditoire », assure-t-elle au Point.

En juillet, elle confiait en privé n’avoir pas encore pris sa décision. Opposée à la perspective d’une grande fusion de Radio France avec France Télévisions, contrairement à Delphine Ernotte, elle s’inquiétait des projets de l’État. Mais elle vantait aussi largement son bilan à la présidence : des audiences au plus haut – France Inter restant la station la plus écoutée du pays, France Info, la troisième – et une stratégie qui paie dans le numérique (podcasts et réseaux sociaux).

Sibyle Veil, qui a pris ses fonctions en avril 2018 en remplacement de Mathieu Gallet, démis par le CSA, a voulu réserver la primeur de l’annonce de sa candidature aux salariés de Radio France. Elle les a réunis mardi en fin de matinée à l’Agora, place intérieure surmontée d’une verrière circulaire, au cœur de la Maison de la radio. « Je suis une femme de service public et Radio France est une des plus belles maisons de service public en France », leur a-t-elle dit, avant de mettre en avant son bilan. Ex-conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Élysée puis directrice de la transformation à l’AP-HP, la dirigeante, issue de la même promotion à l’ENA qu’Emmanuel Macron (Senghor), est entrée en 2015 à Radio France,en tant que directrice déléguée responsable des opérations et des finances. « Nous avons imposé Radio France comme un leader aussi puissant que solide. […] Le rayonnement de notre maison est aujourd’hui inédit, elle n’a jamais eu une image aussi moderne, puissante et attractive », écrit-elle dans un message envoyé aux salariés de Radio France.

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Le pouvoir de l’Arcom

Dans son avis motivé publié fin juillet, l’Arcom (ex-CSA) a relevé trois « réussites majeures » durant le premier mandat de Sibyle Veil à Radio France. Primo, le succès d’audience, « signe de la rencontre entre les programmes et leurs publics » dans un média radio globalement en recul. Deuzio, l’évolution de la stratégie numérique, de l’« hyperdistribution » vers la « plateformisation » avec notamment l’accroissement de la notoriété de la plateforme numérique de Radio France. Enfin, l’Arcom trouve « exemplaire » l’implication du groupe « comme prescripteur de biens culturels et acteur de la création » auprès des jeunes publics à travers des émissions culturelles adaptées, des podcasts et des concerts.

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La voie semble dégagée puisque l’Arcom, qui a l’autorité pour désigner le président de Radio France, a déjà privilégié la continuité en 2020 à France Télévisions. L’institution recevra les candidatures jusqu’au 21 octobre. Les auditions des prétendants auront lieu à partir du 14 novembre, pour une décision au plus tard le 16 janvier 2023. Pour l’heure, seul Florent Chatain, un ancien employé de Radio France qui dit vouloir « restructurer France Bleu », a dévoilé sur Twitter son intention de se porter candidat. Seule une candidature d’un dirigeant de poids du secteur public ou de l’audiovisuel privé pourrait changer la donne. Actuel président de Public Sénat, ancien patron de RTL et candidat malheureux à la présidence de France Télévisions, Christopher Baldelli fait partie des personnes ayant le profil et les épaules pour le poste.

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Radio France en quelques chiffres
L’État va organiser prochainement un grand débat sur l’organisation et le financement de l’audiovisuel public. Radio France revendique environ 30 % de part de marché et 15 millions d’auditeurs chaque jour. Le groupe public dispose d’un budget 2022 d’environ 670 millions d’euros, dont 40 % sont consacrés à France Bleu, un réseau de 44 stations locales proches des Français. Le groupe dirigé par Sibyle Veil fait travailler un peu plus de 4 500 salariés. La masse salariale pèse près de 400 millions d’euros.


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