Ce soir ?

Menaces et tirs policiers : nouveaux troubles sur le Champ de Mars

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Un policier de la BAC (brigade anticriminalité) du 7e arrondissement de Paris a ouvert le feu sur un individu menaçant et en état d’ébriété manifeste, dans la nuit de mardi à mercredi, aux abords de la tour Eiffel et du Champ de Mars. Il était environ 0 h 20 quand cette patrouille est intervenue suite à un signalement portant sur un homme ivre qui menaçait un groupe de promeneurs.

Alors qu’il se montrait « particulièrement virulent et menaçant » envers les fonctionnaires en civil, ces derniers ont tenté de le neutraliser en faisant usage de gaz lacrymogène. Cassant la bouteille d’alcool qu’il tenait à la main, l’individu s’est alors jeté sur l’un des policiers, armé d’un tesson de verre. L’agent aurait alors ouvert le feu à deux reprises, blessant le fauteur de troubles à la cuisse et au flanc. Cet homme, dont les jours ne sont pas en danger, a été transporté à l’hôpital par les pompiers afin d’y être soigné.

Le policier ayant fait usage de son arme a été placé en garde à vue, sur décision du parquet de Paris ; l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie aux fins d’une enquête. Ses investigations, de même que celles de la justice, devront déterminer si l’usage d’une arme à feu était nécessaire, proportionnée et adaptée à la menace, et si le policier a agi en état de légitime défense. « Si ce fonctionnaire n’avait pas ouvert le feu, il aurait été égorgé », indique au Point son conseil, Me Laurent-Franck Lienard. « Ces faits sont d’une banalité et d’une fréquence qui font froid dans le dos », ajoute cet avocat pénaliste, qui défend de nombreux policiers.

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Insécurité chronique

Cet épisode intervient dans un contexte particulièrement tendu, comme le montre notre grande enquête. Ce quartier hautement touristique est fréquenté chaque jour par plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont la sécurité et la tranquillité semblent de moins en moins assurées. Les associations de riverains dénoncent régulièrement la délinquance et les nuisances provoquées par les vendeurs d’alcool à la sauvette, les trafiquants en tout genre, les joueurs de bonneteau et des groupes de mineurs isolés – ou prétendus tels – qui détroussent les badauds, profitant notamment de leur inattention pour rafler leurs sacs et effets laissés sur la pelouse, lorsque scintille la tour Eiffel, chaque heure, durant cinq minutes et dès la tombée de la nuit.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une rixe violente a encore éclaté entre un groupe de voleurs venus racketter des vendeurs de tours Eiffel miniatures. Ils s’en sont pris ensuite à des vendeurs de boissons alcoolisées à la sauvette, lesquels ont riposté à coups de barre de fer, devant des touristes médusés contraints de quitter précipitamment le site. « C’est comme ça presque tous les soirs », se désole une vendeuse de barbe à papa dont la boutique est installée dans l’un des piliers de la tour.


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