Ce soir ?

Mort d’Elizabeth II : à Paris, on pleure « une figure historique »

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Le drapeau britannique est en berne. À Paris aussi, on vient pleurer la reine. Il est 20 h 30, ce jeudi 8 septembre, il y a une heure, le monde apprenait la mort d’Elizabeth II, après 70 ans de règne. Dans la capitale, plusieurs dizaines de personnes convergent vers l’ambassade de Grande-Bretagne (8e arrondissement). Deux grands portraits de la souveraine ornent sa façade de pierre. Installés à l’occasion de son jubilé de platine, célébré en juin dernier, ils matérialisent désormais le souvenir et le recueillement.

Jennifer, 64 ans, Australienne résidant en Angleterre, fixe l’un d’eux, les yeux rougis par les larmes. Elizabeth II a 25 ans, elle est photographiée sur le trône, à l’abbaye de Westminster, le 2 juin 1953, jour de son couronnement. « Elle faisait partie de nos vies et a toujours fait partie de la mienne, alors c’est aussi un bouleversement personnel », confie la sexagénaire, qui tenait à venir pour témoigner son « admiration ». « Quand on pense qu’elle recevait encore Liz Truss [la nouvelle Première ministre britannique, NDLR] il y a 48 heures, quel sens du devoir ! C’est admirable… »

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« C’est une figure historique qui s’en va, une page de notre Histoire qui se tourne », exprime quant à lui Pierre, 27 ans. Professeur d’anglais et passionné de civilisation britannique, il était « très attaché à la reine ». « Elle était un symbole, pour les Britanniques, mais aussi à l’échelle du monde », insiste le jeune homme qui peine à cacher son émotion, « nous sommes en deuil ce soir ».

« Elle a connu tous les présidents de la Ve République, ce n’est pas rien ! » abonde Samuel, 20 ans. Étudiant en sciences politiques, il tenait à venir à l’ambassade pour rendre hommage à une reine « qui a battu tous les records de longévité », « on lui doit, nous aussi, beaucoup. À commencer par les bonnes relations entre la France et l’Angleterre ».

« Un siècle d’histoire »

« Je suis profondément attristé », confie, quant à lui, Robert, 70 ans, la voix nouée par l’émotion. Ce Londonien, de passage à Paris, pleure ce jeudi soir, « la mère des Britanniques – et du Commonwealth ». « La reine était le seul monarque qui ait jamais existé pour nous », insiste l’homme, qui a vu le jour l’année de son couronnement. « Charles [son successeur, devenu Charles III] sera un bon roi, cela ne fait pas de doute, se console-t-il. Mais nous devons d’abord lui rendre hommage, c’est une page à tourner… »

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« C’est la reine d’Angleterre et il n’y en avait qu’une ! » abonde Gladys, 24 ans. Une bougie dans les mains, la jeune femme, d’origine écossaise, se dit « abasourdie » par la nouvelle et avoir ressenti « le besoin de venir [s]e recueillir, d’être entourée » pour « comprendre » que la reine n’était plus. « Elle incarnait un siècle d’histoire. C’est irréel, je ne crois pas qu’on puisse dire ça de quiconque. Ce soir, c’est la fin d’une ère… »


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