Ce soir ?

God save Charles III ! Et surtout de la malédiction des rois Charles…

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Le prince Charles, Philip, Arthur, George a-t-il eu raison de garder son premier nom de baptême pour régner ? La rumeur a couru qu’il opterait pour un autre de ses prénoms, notamment en montant sur le trône sous le nom de George VII, pour rendre hommage à son grand-père George VI, le fameux roi bègue qui lutta contre le nazisme, et surtout en souvenir de son épouse, la célèbre Queen Mum, qui a toujours choyé son premier petit-fils, héritier du trône… Un changement de prénom qui aurait surtout évité de s’inscrire dans le funeste sillage des anciens rois Charles d’Angleterre, dont les règnes maudits ont marqué les esprits britanniques…

Commençons par Charles Ier, qui dirige l’Angleterre pendant la première moitié du XVIIe siècle, quand Louis XIII règne en France. En un rien de temps, le souverain réussit à se mettre son pays, son peuple et les élites à dos. Il commence par épouser une princesse catholique française, veut imposer des réformes religieuses en Écosse, lève des taxes impopulaires et tente par tous les moyens de renforcer son pouvoir absolu en muselant le Parlement… Autant de poudrières qui débouchent sur une guerre civile en 1642, que le roi perd six ans plus tard. Jugé pour haute trahison, il est décapité le 30 janvier 1649 devant le palais de Whitehall.

S’ouvre alors une période nouvelle, entre dictature et république, où le pouvoir exécutif se concentre entre les mains d’Oliver Cromwell pendant une dizaine d’années. L’Angleterre est toujours secouée par des combats entre royalistes et parlementaires, jusqu’à la restauration du pouvoir monarchique avec l’avènement du fils aîné de Charles Ier, qui monte sur le trône sous le nom de Charles II avec l’aval du Parlement.

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Peste et incendie

Le destin du fils du roi renversé fut-il plus heureux que celui de son père ? À voir… Après des années d’exil, Charles II retrouve un pays fatigué et divisé. Et la malédiction semble toujours coller aux Charles comme le goudron sur la chaussée : sous son règne, Londres connaît une grande épidémie de peste suivie d’un dramatique incendie en 1666 qui détruit une grande partie de la cité – 13 000 maisons emportées dans les flammes… Le souverain n’aura aucun héritier direct, mais laisse une dizaine de bâtards entretenus aux frais de la couronne – ce qui n’arrange guère son image – et finit par laisser le trône à son frère Jacques II. Pas de quoi pavoiser.

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Le tableau ne serait pas complet sans un dernier, Charles III, jamais couronné mais appelé ainsi par ses partisans, qui porta l’espoir des Stuart au milieu du XVIIIe siècle en tant que prétendant au trône d’Angleterre et d’Écosse. Descendant direct de Jacques II, mais par une branche écartée du pouvoir, Charles tenta de soulever ses partisans depuis l’Écosse, en s’appuyant sur les forces jacobites, et rencontra quelques succès avant d’être écrasé par les troupes anglaises. Sa tête mise à prix, il s’enfuit dans les Highlands, avant de finir sa vie en exil, en France puis en Italie, emportant avec lui ses rêves de gloire…

Une galerie de portraits qui parle d’elle-même et qui aurait poussé les plus sceptiques des princes à changer de prénom… Mais le nouveau roi Charles avait-il vraiment le choix, lui qui est connu sous ce nom par son peuple depuis si longtemps ? À lui de briser désormais la malédiction : après tout, il se prépare depuis cinquante ans et hérite aujourd’hui d’une monarchie au zénith et d’un Parlement apaisé… S’il règne comme sa mère, il devrait passer entre les gouttes. God save the king !


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