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Attentats djihadistes de 2016 : coup d’envoi d’un procès marathon à Bruxelles

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Six ans et demi après les faits, la cour d’assises de Bruxelles entame lundi 12 septembre un procès aux allures de marathon judiciaire pour juger les dix coauteurs présumés des attentats djihadistes qui avaient fait 32 morts en 2016 dans la capitale belge. Les débats ne doivent s’ouvrir qu’en octobre. Mais une audience préliminaire est convoquée lundi à 9 heures pour régler divers points de procédure, et notamment fixer l’ordre de passage des témoins qui se succéderont à la barre, a priori jusqu’à juin 2023.

L’audience devrait donner lieu aussi à un vif débat sur les box individuels fermés aménagés dans la salle d’audience pour les accusés et comparés à des « cages » par leurs avocats. Plusieurs d’entre eux ont dit vouloir obtenir leur « démolition ». « Je ne lui demande pas un fauteuil, je veux simplement qu’on ne le traite pas comme un animal », a déclaré Michel Bouchat, avocat de Salah Abdeslam.

Le djihadiste français, seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et à Saint-Denis), est un des dix accusés du procès. Il sera absent pour ce premier jour. Au matin du 22 mars 2016, deux djihadistes s’étaient fait exploser à l’aéroport international de Bruxelles-Zaventem et un troisième, une grosse heure plus tard dans le métro de la capitale européenne. Bilan : 32 morts et plus de 340 blessés.

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Des attaques liées à celles du 13 novembre à Paris

À ce stade, le parquet fédéral a recensé 960 parties civiles, des blessés ou proches de victimes réclamant la réparation d’un préjudice, dans le plus grand procès jamais organisé en Belgique devant un jury populaire. L’enquête a rapidement révélé, notamment grâce à un ordinateur retrouvé dans une poubelle, que les auteurs des attaques du 22 mars étaient liés à ceux du 13 novembre, membres d’une même cellule de l’État islamique formée en bonne partie sur le sol belge.

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C’est vraisemblablement l’interpellation de Salah Abdeslam le 18 mars à Bruxelles qui a précipité le passage à l’acte des autres membres de la cellule. Outre Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible en France, ce nouveau rendez-vous judiciaire concerne le dirigeant présumé de cette cellule, Oussama Atar, déjà jugé par défaut pour le 13 Novembre (il est présumé mort en Syrie), ainsi que quatre autres condamnés du procès-fleuve qui s’est achevé fin juin à Paris.

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Il s’agit de Mohamed Abrini, « l’homme au chapeau », qui avait abandonné son chariot d’explosifs à l’aéroport de Zaventem avant de fuir, du Suédois Osama Krayem, qui, lui, avait rebroussé chemin dans le métro. Sont également jugés le Tunisien Sofien Ayari, complice des derniers jours de la fuite de Salah Abdeslam, et le Belgo-Marocain Ali El Haddad Asufi, un proche des frères El Bakraoui, deux des trois « kamikazes » morts le 22 mars.

Un « chaos total » et des « scènes de guerre »

Quatre autres accusés n’étaient pas mis en cause pour le 13 Novembre. Soupçonnés d’avoir aidé matériellement ou hébergé les kamikazes de Bruxelles en connaissant leurs intentions, ils sont considérés comme coauteurs des attaques. Tous doivent répondre d’« assassinats dans un contexte terroriste » et encourent la réclusion à perpétuité.

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Face à eux, les victimes, dont un grand nombre soutenu par deux associations créées après les attentats, V-Europe et Life4Brussels, envisagent le procès comme une étape clé dans leur reconstruction. « On espère que nos souffrances seront reconnues » et que cela marque « le début d’autre chose », a confié à l’Agence France-Presse Philippe Vandenberghe, un secouriste bénévole intervenu à l’aéroport et souffrant de stress post-traumatique.

De nombreux témoins ont évoqué « un chaos total », « des scènes de guerre » pour décrire la situation à Zaventem et au métro Maelbeek juste après les déflagrations qui ont tué seize personnes dans chacun des deux lieux. Le procès se tient à l’ancien siège bruxellois de l’Otan, mis à la disposition de la justice belge. La salle d’audience principale ne pouvant accueillir que 170 personnes, sept autres salles dites « relais » ont été aménagées pour les parties civiles, avec retransmission vidéo des débats et possibilité d’intervenir à distance.


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