Ce soir ?

Hommages floraux à Elizabeth II : tout un protocole !

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« Pas le temps de manger, pas le temps de prendre un café, le temps de rien ! » Monika, une Polonaise débarquée en Grande-Bretagne il y a neuf ans, est rincée, elle enchaîne, avec Negar, une Iranienne arrivée il y a moins de deux ans, la confection de bouquets depuis trois jours. Les deux brunes tiennent tout sourire la boutique Moyses Stevens à la gare de Saint Pancras. L’une des cinq adresses londoniennes de « l’artiste-fleuriste », fournisseur officiel de la Couronne britannique, de feue Sa Majesté la reine Elizabeth II et du prince de Galles. Ce qui les rend plus coûteux, mais totalement légitimes en ces jours de deuil, où tous les commerçants ou presque affichent en vitrine un portrait de la reine, décédée jeudi 8 septembre.

Pour 10 livres sterling, vous repartez d’ici avec quelques tiges d’œillets portant l’estampille du prince de Galles, couronne et plumes d’autruche. « Le style et le budget varient énormément, mais certains clients sont prêts à débourser beaucoup », explique Monika, en emballant les fleurs à vitesse grand v.

Pourtant, la plupart des bouquets qui sont déposés sur les grilles du palais de Buckingham ne proviennent pas de Moyses Stevens, mais de supermarchés. À partir de 5 pounds (quasi 6 euros), cinq tournesols ou dix roses, rouges ou blanches en bouquet – tout à fait convenable – chez Mark & Spencer, Tesco, Sainsbury’s, Morrison ou Waitrose, les grandes chaînes de distribution alimentaires. Des bouquets qui se présentent tous sous emballage plastique conique et thermocollé, comme les fleuristes ayant pignon sur rue n’en fournissent pas.

Aux fleurs emballées s’ajoutent également cartes, petits mots, dessins, drapeaux, bougies, boissons, chocolats, doudous et autres attentions, tout le nécessaire symbolique pour le dernier voyage d’une souveraine qui a vu naître les trois quarts des Britanniques.

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Voilà pourquoi un message officiel a été diffusé dimanche sur Twitter par le Royal Parks (les 10 grands espaces verts de Londres), afin de connaître les modalités pour déposer un hommage floral.

Ce matin, c’est la BBC qui a pris le relais, non sans humour (anglais) : « S’il vous plaît, venez avec des fleurs mais n’apportez plus d’ours Paddington ni de sandwichs à la marmelade à Buckingham ! »

Un clin d’œil à la séquence tournée à Buckingham avec l’ours Paddington à l’occasion du 70e anniversaire de règne d’Elizabeth II. La reine y tient son propre rôle en prenant le thé avec l’ours en duffle-coat bleu.

Le Royal Parks adresse un message informatif et protocolaire sur la bonne manière de rendre hommage à la reine. Les fleurs doivent arriver sans emballage et ceux-ci doivent être jetés de préférence à l’avance dans une poubelle. Les fleurs sont retirées des grilles du palais chaque soir, déplacées et regroupées sur des lieux « hommages » dévolus à cet effet dans le parc de 17 hectares qui entoure le palais. Les fleurs déposées en dehors du parc seront également collectées et ramenées sur les sites dédiés.

Les bouquets fanés sont dirigés vers la pépinière de Hyde Park, où, entre 10 à 14 jours après les funérailles de la reine, ils seront nettoyés et compostés. Le compost servira ensuite aux jardins voisins de Kensington ou utilisé lors de projets d’aménagement dans les parcs royaux. Sur place, pour la bonne tenue de ces instructions – et diriger le flot d’une foule ininterrompue depuis vendredi soir, des escouades sillonnent le parc, repérables à leur habits noirs et leur gilet fluo.

À la mort de Diana, des millions de visiteurs étaient venus lui rendre un dernier adieu. Les fleurs fraîches, les peluches et les cadeaux – dont des bouteilles de champagne – déposés devant les grilles de Buckingham avaient été offerts aux personnes âgées et aux enfants malades. Les hommages floraux du prince Philip, disparu en 2021, ont quant à eux été apportés chaque soir à Marlborough House, le siège du Commonwealth.


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