Ce soir ?

Suède : la droite va composer avec l’extrême droite pour diriger le pays

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Bouleversement politique en Suède. La coalition formée par les conservateurs et l’extrême droite a remporté d’une courte tête les élections législatives. Les résultats définitifs ont été révélés mercredi 14 septembre. Ulf Kristersson, le leader des conservateurs, a déjà indiqué travailler à la formation d’un gouvernement. « Je commence maintenant le travail pour former un nouveau gouvernement efficace », avait ainsi avancé dès mercredi soir le dirigeant en réaction à ce succès inédit, qui évince du pouvoir la gauche aux commandes depuis huit ans. « Maintenant nous allons remettre de l’ordre en Suède ! » a-t-il promis.

Avec 176 sièges, dont 73 pour le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), le bloc de droite formé de quatre partis devance de très peu celui de gauche (173 sièges), selon un comptage quasi final de l’autorité électorale portant sur 99,9 % des bureaux de vote.

Démission de la Première ministre sortante

Les élections de dimanche étaient si serrées qu’il a fallu attendre l’ajout de quelques dizaines de milliers de voix manquantes mercredi. La Première ministre sortante, la sociale-démocrate Magdalena Andersson, a reconnu la défaite de son camp et annoncé sa démission, effective jeudi.

La bascule est historique : jamais jusqu’ici un gouvernement suédois ne s’était appuyé au parlement sur les SD, les grands vainqueurs des élections avec 20,5 % des voix et un nouveau rang de deuxième parti du pays.

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Mais si les Démocrates de Suède sont devenus le premier parti de la majorité des droites, ils ne sont pas en mesure de revendiquer le poste de Premier ministre, poste promis à Kristersson, car les trois mouvements de la droite traditionnelle (Modérés, chrétiens-démocrates et Libéraux) voient d’un mauvais œil la participation des SD au gouvernement.

Ancien gymnaste, Ulf Kristersson va donc devoir réussir l’acrobatie de finaliser et de maintenir l’union des trois droites libérale, conservatrice et nationaliste. C’est lui qui, fin 2019, avait pour la première fois envisagé un scénario de collaboration entre la droite et les SD.

« Nous allons être à seulement un ou deux sièges d’une crise gouvernementale », a d’ores et déjà prévenu Magdalena Andersson.

Avec ou sans SD au gouvernement ?

Le scénario le plus probable selon les analystes est que les SD appuient seulement le gouvernement au parlement, sans en faire directement partie.

« Le processus prendra le temps qu’il faudra », a dit Jimmie Åkesson mercredi, promettant d’être une « force constructive et d’initiative ».

Héritier d’un groupe néonazi à sa création en 1988, le parti d’extrême droite s’est peu à peu banalisé dans le paysage politique suédois, entrant au parlement en 2010 avec 5,7 %, puis grimpant à chaque élection, sur fond de forte immigration et de problèmes de gangs criminels en Suède.

La campagne a été dominée par des thèmes favorables à l’opposition de droite : criminalité et règlements de comptes meurtriers entre gangs d’origine immigrée, intégration et flambée des factures énergétiques.

« C’est un triste signe de notre époque, qu’ils puissent profiter de la peur des gens, de ce qu’ils disent sur tous ces criminels, etc. », soupire Larry Nilsson, un retraité de Malmö (Sud). « Il n’y a que 1 ou 2 % de la population qui subit ça, la plupart vivent une vie très sûre, comment peut-on gagner une élection là-dessus ? »

La victoire d’une alliance entre droite et extrême droite en Suède intervient à moins de deux semaines d’élections en Italie, où une coalition réunissant Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni (post-fasciste) et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite libérale) est donnée favorite.

« Même dans la belle et démocratique Suède, les gauches sont défaites et renvoyées à la maison ! Le dimanche 25 (septembre) c’est notre tour, nous allons gagner ! » a déclaré Matteo Salvini, le chef de la Ligue italienne (anti-immigration).

Au parlement suédois, les SD auront 73 sièges, 11 de plus qu’en 2018. Les Modérés décrochent 68 fauteuils (-2), tandis que les chrétiens-démocrates en ont 19 (-3) et les Libéraux 16 (-4).

À gauche, les sociaux-démocrates grimpent à 107 sièges (+7) grâce à leur bon score de 30,3 %, devant les partis de Gauche et du Centre (24 chacun) et les Verts (18).


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