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Présidence LR : à la Ciotat, premier grand oral pour les candidats

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A droite toute : les candidats à la présidence des Républicains Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié ont passé samedi leur premier grand oral devant les adhérents des Bouches-du-Rhône à la Ciotat. À l’applaudimètre, les trois candidats font jeu égal, dans le parc balayé par un fort mistral où la fédération départementale a réuni 400 personnes pour sa rentrée. Ordre alphabétique oblige, Eric Ciotti est le premier sur scène, et il déroule sans surprise un discours de la méthode très à droite, fondé sur les valeurs d’ « identité, autorité, liberté ». Car LR a perdu tous ses députés dans les Bouches-du-Rhône aux dernières législatives, alors que son propre département des Alpes-Maritimes a permis de sauver cinq siège : « ce n’est pas le fruit du hasard », rappelle-t-il.

Fustigeant le « déclassement qui menace la grandeur de notre nation » et l’immigration « qui a gangrené nos cités », le député des Alpes-Maritimes répète d’entrée de jeu son soutien à Laurent Wauquiez pour la présidentielle de 2027. Il promet aussi une « opposition claire, sans ambiguïté, sans compromission » à la macronie, qui aura pourtant besoin de l’appoint de voix de LR pour faire voter des textes cruciaux (notamment le budget) à l’automne.

« La droite doit porter un projet de civilisation »

Sa candidature en effraie certains, il le sait, et met en garde contre la recherche d’une alternative : « le rassemblement de l’immobilisme a triomphé » en 2021, avec le choix de Valérie Pécresse comme candidate à la présidentielle. « Je suis sûr que vous ne laisserez pas ce scenario se rejouer », ajoute le candidat qui peut se prévaloir d’un fort soutien chez les adhérents du sud-est. Candidat plus consensuel en vue de l’élection du 3 décembre, Bruno Retailleau délivre lui aussi un discours musclé pendant ses 20 minutes sur scène. « La droite doit porter un projet de civilisation » car « la droite c’est l’identité, une vraie droite quitte à froisser la bien-pensance », lance le patron des sénateurs LR, qui veut « répondre à l’angoisse du déclassement, de la dépossession culturelle ».

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Cela passe par le régalien : « oui aux doubles peines, oui aux peines minimales », assure-t-il, estimant en matière d’immigration qu’il faut « moins de pompes aspirantes, moins d’accueil, et surtout un referendum ». Sur l’économie où « l’Etat n’est pas mère Teresa », le sénateur de Vendée plaide pour que « l’ensemble des minima sociaux puisse être mis dans une même allocation capée ». 

Pradié plaide pour « tout changer »

Entre les deux, le challenger Aurélien Pradié joue la carte de la « promesse républicaine » et du renouvellement, en assurant avoir tourné la page de Nicolas Sarkozy. « La droite doit redevenir populaire en parlant à la jeunesse et à toutes les catégories sociales », assure le député du Lot. Alors que « tous les partis sont en train de changer » et « de conquérir des électorats qui étaient le nôtre », le numéro 3 de LR plaide pour « tout changer », et pas seulement le nom du parti. Il n’hésite pas à prendre son parti à rebrousse-poil, fustigeant « le modèle économique de l’hyper-consommation qui est devenu fou » ou refusant de « dire à un ouvrier ayant commencé à 18 ans qu’il devra travailler quelques années de plus » — ce qui suscite quelques applaudissements.

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Dans l’auditoire, Serge Delmas, 65 ans, assure que pour lui « ça se jouera entre l’expérience et l’expérience », à savoir Bruno Retailleau et Eric Ciotti qui « peuvent porter un message de façon responsable, sans tomber dans le RN ». Tous deux « ont un discours différent au niveau de l’emballage, mais sur le fond c’est pareil », estime Maryline Antoine, quinquagénaire sensible à leur argument « sur la reconnaissance française » mais aussi à celui de leur rival sur les retraites. Ambroise Malinconi, 26 ans, qui vient de renouveler sa cotisation, votera lui pour Aurélien Pradié parce qu’« il a remis dans le débat des sujets qui intéressent les jeunes ».


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