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Japon : un homme s’immole par le feu près du bureau du Premier ministre

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Un homme s’est apparemment immolé par le feu mercredi 21 septembre à Tokyo près du bureau du Premier ministre japonais Fumio Kishida, et a été hospitalisé par la suite dans un état inconscient, selon plusieurs médias locaux. Selon ces sources, l’homme protestait contre les funérailles nationales prévues le 27 septembre à Tokyo de l’ancien Premier ministre assassiné Shinzo Abe, un hommage de grande ampleur qui divise au Japon.

Sollicités par l’Agence France-Presse, la police et le bureau du Premier ministre n’ont pas souhaité commenter dans l’immédiat. Selon TV Asahi, l’homme se serait immolé par le feu après avoir déclaré à la police qu’il était opposé aux funérailles nationales prévues pour Shinzo Abe. D’après l’agence de presse Kyodo, un message de protestation contre cet hommage a été retrouvé à côté de lui. Un photographe de l’AFP, arrivé sur place quelques heures après, a constaté des carrés de pelouse et des buissons brûlés, avec la police et la presse à proximité. Toujours selon Kyodo, la police a été appelée sur les lieux vers 7 heures du matin mercredi (minuit, ce mercredi en France) par un ou plusieurs témoins qui parlaient d’un homme « enveloppé par des flammes ».

Personnalité politique aussi emblématique que controversée au Japon, l’ultranationaliste Shinzo Abe avait quitté le pouvoir en 2020 pour des raisons de santé. Il a été assassiné par balle le 8 juillet en plein meeting électoral à Nara (ouest du Japon). Son assassin présumé, Tetsuya Yamagami, 41 ans, aussitôt interpellé après les faits, a expliqué qu’il en voulait pour des raisons personnelles à l’Église de l’unification, surnommée la « secte Moon », avec laquelle Shinzo Abe entretenait d’après lui des liens.

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Des funérailles qui font grincer des dents

Cet assassinat a ému au Japon et dans le monde entier. Mais la décision sans concertation préalable du Premier ministre actuel Fumio Kishida d’organiser des funérailles nationales pour Shinzo Abe a soulevé une vague de réprobation d’une ampleur inattendue dans le pays. Des funérailles nationales pour des responsables politiques sont rarissimes au Japon depuis l’après-guerre : la dernière cérémonie de cette ampleur pour un Premier ministre nippon remonte à 1967.

Le coût pour le contribuable de celles prévues pour Shinzo Abe, en présence de centaines de dignitaires étrangers, a été chiffré par le gouvernement à 1,7 milliard de yens (12 millions d’euros). Elle a fait grincer des dents dans une partie de l’opinion.

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Shinzo Abe a battu le record de longévité d’un Premier ministre japonais en exercice (presque neuf années étalées entre 2006-2007 puis 2012-2020) et il était connu dans le monde entier pour son intense activité diplomatique et son ambitieuse politique de relance économique, surnommée les « Abenomics ». Mais il était très loin de faire l’unanimité dans son pays, où beaucoup voyaient d’un mauvais œil ses vues nationalistes et sa volonté de réviser la Constitution pacifiste du pays. Sa réputation avait aussi été ternie par de nombreuses affaires de clientélisme.

Critiqué pour l’hommage national réservé à Shinzo Abe et par des révélations en cascade sur les nombreux liens entre l’Église de l’unification et des élus du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice au pouvoir), le Premier ministre nippon Fumio Kishida a vu sa popularité fondre depuis cet été. Fumio Kishida, qui est par ailleurs président du PLD comme l’était autrefois Shinzo Abe, n’était pas présent mercredi à Tokyo : il s’est envolé la veille pour New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies.


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