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Ukraine : l’Occident dénonce la « militarisation » de la centrale de Zaporijia

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Plusieurs pays dont la France ont dénoncé mercredi 21 septembre la « militarisation » par la Russie de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, ce qui menace la sécurité nucléaire. Dans une déclaration conjointe adoptée à l’issue d’une réunion à New York, les ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, du Canada, de France, d’Italie, du Royaume-Uni et d’Ukraine ainsi que les représentants de la Corée du Sud, des États-Unis et de la Suisse ont souligné « avec force que la saisie et la militarisation par la Russie de la centrale nucléaire de Zaporijia sont la cause fondamentale des menaces actuelles sur les plans de la sûreté et de la sécurité nucléaires ».

« Nous rappelons que le risque accru d’un accident nucléaire demeurera dangereusement élevé tant que la Russie sera présente sur le site de Zaporijia », ont-ils affirmé. La situation à la centrale, la plus grande d’Europe, « se dégrade encore », a averti de son côté le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, ajoutant qu’on « ne (pouvait) pas se permettre le luxe d’attendre que quelque chose de catastrophique se produise ». Il s’exprimait à l’issue de cette réunion à la représentation française auprès de l’ONU, ouverte par le président Emmanuel Macron.

Le directeur de l’AIEA a indiqué en avoir discuté avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qu’il a rencontré mercredi matin en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. « Tant qu’il y aura des bombardements qui continuent, les risques sont énormes », a-t-il ajouté. Rafael Grossi s’est également entretenu avec le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, a-t-il dit peu après lors d’une conférence de presse, en exprimant aussi l’espoir « de pouvoir se rendre prochainement à Kiev et peut-être plus tard en Russie ».

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Encore aucune zone de protection autour de la centrale

Aucun accord n’a été trouvé sur la mise en place d’une zone de protection autour de la centrale, a-t-il convenu en précisant cependant que « les vraies négociations sur les paramètres » de cette zone ne faisaient que « commencer ».

Les autorités ukrainiennes ont accusé mercredi la Russie d’avoir à nouveau bombardé le site de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, tout en assurant que le taux de radiation dans cette installation ne dépassait pas la norme. « Même dans les pires conditions, la diplomatie ne devrait jamais s’arrêter (…) C’est notre responsabilité de le faire avec des propositions pragmatiques et réalistes, et c’est ce que nous essayons de faire », a commenté Rafael Grossi.

À ses côtés, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a précisé que l’objectif était « une démilitarisation de la centrale dans le cadre de la souveraineté de l’Ukraine ». En faisant état de nouveaux bombardements, l’opérateur public des centrales nucléaires ukrainiennes, Energoatom, a appelé mercredi l’AEIA à des « actes plus résolus » contre Moscou. La centrale de Zaporijia, occupée par les troupes russes depuis les premières semaines de leur invasion de l’Ukraine lancée le 24 février, a été visée à de nombreuses reprises par des bombardements ces derniers mois. Kiev et Moscou s’en rejettent la responsabilité et s’accusent mutuellement de chantage nucléaire.

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