Ce soir ?

Ce que vaut (vraiment) le Nutri-score

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Chaque vendredi, retrouvez sur Le Point.fr la chronique nutrition du Professeur Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris.

Le Nutri-score s’est imposé comme l’affichage de référence pour nous aider à choisir simplement les aliments les plus favorables pour la santé. Mais il y a, à première vue, des incohérences : l’huile d’olive réputée si bonne pour nos artères classée C, des pains industriels ultratransformés sont Nutri-score A et un cola « light », dont certains scientifiques pensent qu’ils peuvent nuire à notre santé, sont classés… Nutri-score B !

À quoi sert vraiment le Nutri-score et comment bien l’utiliser ?

Il faut comprendre que le Nutri-score classe les produits en tenant compte des critères les mieux connus : l’apport calorique de l’aliment, son contenu en sel et graisses et en particulier les graisses saturées ; le contenu en fruits, légumes, légumes secs et fruits à coque ainsi que l’apport en sucres et en fibres… Ce choix n’est pas arbitraire. Il est basé sur l’ensemble des données scientifiques disponibles.

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Le plus important à comprendre est que le Nutri-score ne dit pas forcément si un aliment doit ou non être consommé. Il classe les aliments d’une même catégorie du plus favorable au moins favorable sur le plan nutritionnel. Par exemple : si vous souhaitez consommer des céréales industrielles, classées de A à E en Nutri-score, vous pouvez ainsi choisir ce qui est le mieux sur le plan nutritionnel.

Pour les huiles… aucune n’est classée A, pour sensibiliser au fait que l’huile n’est que du gras, c’est donc très calorique… Mais certaines huiles ont un meilleur score que d’autres, car la qualité des graisses est jugée meilleure. Par exemple l’huile d’olive est classée C et elle va passer B d’ici à la fin de l’année. L’huile de tournesol est, elle, classée D et va passer C prochainement. Par contre, l’huile de coco est classée E.

Et les additifs ?

Pourquoi les autorités de santé soutiennent-elles le Nutri-score ? Tout simplement parce que des travaux scientifiques ont montré son intérêt pour la santé ! Par exemple, les personnes qui consomment des aliments avec un meilleur Nutri-score développent moins de maladies chroniques… telles que des cancers et des maladies cardiovasculaires.

Mais il y a une grande question : pourquoi les additifs, la présence de pesticides et le côté artisanal ou industriel transformé des aliments ne sont pas pris en compte dans le Nutri-score ? C’est parce qu’il y a tellement d’additifs, de pesticides, de types de transformation des aliments qu’il est pour le moment difficile de les intégrer dans un score simple et objectif. Mais les scientifiques avancent étape par étape pour faire évoluer le Nutri-score. Par exemple, les viandes transformées devraient avoir des notes moins bonnes, certains fromages à pâte dure devraient inversement être mieux classés.

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En pratique, voici mes conseils :

1) Manger le plus brut possible, fait maison… et avec le moins d’ingrédients dans la composition.

2) Éviter quand c’est possible les aliments traités aux pesticides.

3) Dans une même catégorie d’aliments, choisissez ceux qui sont les mieux classés au Nutri-score.

Références

Performance of the Front-of-Pack Nutrition Label Nutri-Score to Discriminate the Nutritional Quality of Foods Products : A Comparative Study across 8 European Countries.

Dréano-Trécant L, Egnell M, Hercberg S, Galan P, Soudon J, Fialon M, Touvier M, Kesse-Guyot E, Julia C.

Nutrients. 2020 May 2 ; 12(5): 1303. doi : 10.3390/nu12051303.

Association between nutritional profiles of foods underlying Nutri-Score front-of-pack labels and mortality : EPIC cohort study in 10 European countries.

Deschasaux M, Huybrechts I, Julia C, Hercberg S, Egnell M, Srour B, Kesse-Guyot E, Latino-Martel P, Biessy C, Casagrande C, Murphy N, Jenab M, Ward HA, Weiderpass E, Overvad K, Tjønneland A, Rostgaard-Hansen AL, Boutron-Ruault MC, Mancini FR, Mahamat-Saleh Y, Kühn T, Katzke V, Bergmann MM, Schulze MB, Trichopoulou A, Karakatsani A, Peppa E, Masala G, Agnoli C, De Magistris MS, Tumino R, Sacerdote C, Boer JM, Verschuren WM, van der Schouw YT, Skeie G, Braaten T, Redondo ML, Agudo A, Petrova D, Colorado-Yohar SM, Barricarte A, Amiano P, Sonestedt E, Ericson U, Otten J, Sundström B, Wareham NJ, Forouhi NG, Vineis P, Tsilidis KK, Knuppel A, Papier K, Ferrari P, Riboli E, Gunter MJ, Touvier M. BMJ. 2020 Sep 16 ; 370 : m3173. doi : 10.1136/bmj.m3173


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