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Charles III et Camilla : leurs ancêtres Edouard VII et Alice étaient déjà amants

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Bien avant la romance mouvementée entre Charles et Camilla, l’histoire retient que leurs propres ancêtres ont eu une liaison intime il y a plus d’un siècle… Trois ans avant son accession au pouvoir, le futur Edouard VII va croiser Alice, celle qui va égayer ses vieux jours et deviendra plus tard l’arrière-grand-mère de Camilla…

Voilà des années qu’Albert Édouard, ou Bertie comme le surnomment ses amis, traîne son désœuvrement en remplissant son agenda de mondanités et de virées dans les capitales européennes, tout en collectionnant maîtresses et ragots, au désespoir de sa mère, l’impératrice Victoria, qui doute sur ses capacités à gouverner… Bertie est à l’automne de sa vie, il est marié à Alexandra de Danemark depuis plus de trente-cinq ans, la descendance est assurée, il n’en peut plus d’attendre le trône et trompe son ennui entre réceptions, chasse à la grouse et distractions en compagnie de son cercle d’amis. 

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C’est par ce biais qu’il croise la route d’Alice Keppel, 30 ans, au printemps 1898. La jeune femme est vive, malicieuse, intelligente, traits délicats et chevaux châtains, elle est mère d’une fille et mariée à un officier des Gordon Highlander, George Keppel – d’où le surnom qu’on lui donnera vite, Mrs George –, un homme peu regardant sur les aventures extraconjugales de son épouse, « tant qu’à la fin, elle revient chez moi », disait-il. De fait, Alice ne se gêne point, tout en restant discrète. Issue de la gentry britannique, dernière fille d’un amiral aux racines écossaises, elle connaît quelques succès avec des hommes fortunés et plus âgés qu’elle. Jusqu’à sa rencontre avec le prince de Galles, lors d’un déjeuner en petit comité organisé par la baronne Stoeckl lors d’un séjour sur la Riviera française…

La gaieté, la franchise et l’humour de la jeune Alice séduisent d’emblée Bertie, 56 ans, qui fait d’elle sa favorite quasi officielle. On la voit intégrer la petite coterie de l’héritier du trône, partager ses parties de bridge où elle excelle, participer aux chasses à Sandringham, aux courses à Ascot, aux régates de Cowes, toujours flanquée d’une dame d’honneur qui n’est autre que la tante de Winston Churchill. Quand le prince se rend à Paris, sa ville préférée, elle loge dans une suite de l’hôtel Vendôme, à quelques encablures du Bristol où son royal amant a ses habitudes… Elle sait comme personne calmer ses sautes d’humeur et son caractère irascible et endosse tout à la fois les rôles d’amante, d’épouse et de mère.

Diamants et fortune 

À quelques mois de l’accession au trône du futur Edouard VII, Mrs. George accouche d’une deuxième petite fille prénommée Sonia – la grand-mère de Camilla –, dont les pipelettes de la cour ont tôt fait d’attribuer la paternité à Bertie. Il faut dire que l’enfant a pour parrain le grand-duc Michel Mikhaïlovitch, un petit-fils du tsar Nicolas Ier… Et quand Albert Edouard devient enfin roi en janvier 1901, les faveurs pleuvent sur sa jeune maîtresse : cadeaux, diamants, robes de prix… Le nouveau souverain demande à son banquier suisse de gérer directement les finances d’Alice et l’aide à acheter des parts dans les « actions canadiennes », qui vont lui permettre d’amasser une petite fortune. Et chaque année, pendant plusieurs semaines, Edouard VII emmène sa maîtresse à Biarritz avec ses deux filles pour goûter à une vie de famille bourgeoise loin de l’étiquette britannique. 

Quelle fut vraiment l’influence d’Alice ? Elle a l’habileté de se tenir en retrait des intrigues et des médisances, sait comme personne tenir salon, apporte sa joie de vivre et sa gaieté dans l’entourage du monarque qui a tendance à s’ennuyer… Parfaitement loyale, elle sera parfois sollicitée par des membres du gouvernement pour infléchir la position du roi sur certains dossiers ou donnera des conseils avisés à certains pour l’aborder au mieux en fonction de son humeur réputée très changeante… Quant à la reine Alexandra, elle s’accommode de ce ménage à trois, même si elle aurait apprécié que son époux ne mette pas aussi souvent sa jeune maitresse en avant.

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Peinte par Picasso

La mort d’Edouard VII en 1910 sonne le glas des faveurs. Pour éviter tout scandale, on permet à Mrs. George d’aller rendre un dernier hommage à la dépouille du roi dans l’abbaye de Westminster une fois que les portes sont fermées au public… Alice comprend le message et préfère prendre le large pour Ceylan, hébergée par Sir Thomas Lipton, d’où elle part visiter la Chine avec une poignée d’amis. Revenue à Londres, son salon reste encore très couru, elle parraine des organismes de charité et s’engage même dans des hôpitaux de campagne, dans le Pas-de-Calais, pour soigner les soldats durant la Première Guerre mondiale.

Alice décide ensuite de s’installer à Florence avec son époux, fréquente la jet-set et les aristocrates, croise Picasso qui fait son portrait et s’étonne de voir Edouard VIII abdiquer en 1936 à cause de sa maîtresse Wallis. « Les choses étaient décidément mieux faites de mon temps… », juge-t-elle en privé. Elle revient habiter face à Buckingham pendant la Seconde Guerre mondiale, défiant avec mépris les bombardements allemands qui visent la capitale britannique. La mort l’emporte à son tour en 1947 à Florence, deux mois après la naissance de Camilla, son arrière-petite-fille. La même qui a épousé Charles, le descendant d’Edouard VII, devenant ainsi reine consort du Royaume-Uni. Un clin d’œil de l’Histoire comme seule la vie peut en réserver…

À lire Charles et Camilla, une histoire anglaise, par Isabelle Rivère, éditions Fayard. 


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