Ce soir ?

La réforme des retraites divise dans l’électorat d’Emmanuel Macron

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Une minorité de droite pour une réforme qui promet de faire débat. C’est, en partie, la conclusion d’une étude réalisée par l’institut de sondage indépendant Cluster 17 menée, pour Le Point, sur un échantillon de 2 168 personnes âgées de 18 ans et plus*. Interrogés sur un éventuel recul de l’âge légal de départ, environ 33 % se prononcent pour un maintien du statu quo à 62 ans quand seulement 22 % seraient pour un recul légal à 64 ans, défendu par Emmanuel Macron. 39 % des Français souhaiteraient même voir adopter la proposition défendue par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon d’un départ à 60 ans.

Potentiellement explosif pour l’exécutif, qui entend accélérer sur ce sujet dès l’automne : avant-hier, mercredi 21 septembre, la Première ministre Élisabeth Borne recevait les principaux chefs de groupe à l’Assemblée nationale et au Sénat, sans qu’aucun ne se déclare favorable à un possible amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Une mesure d’âge qui verrait finalement la réforme des retraites adoptée sans passage par un projet de loi. Au risque de heurter une partie de l’électorat.

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Arc contestataire

En effet, l’étude fait remarquer qu’un axe d’opposition se dessine entre les électeurs de Marine Le Pen et ceux de Jean-Luc Mélenchon, « sans surprise, extrêmement hostiles à une telle mesure ». Pour exemple, seuls 13 % des électeurs de Marine Le Pen au premier tour se disent favorables à un report de l’âge légal contre 44 % en faveur d’un abaissement. Une tendance nettement plus marquée à gauche à chercher du côté des votes en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Sans surprise, 72 % sont en accord avec le retour à 60 ans. L’ajout de ces votes pouvant entraîner la constitution d’un « arc contestataire », opposé à une réforme des retraites.

Le sondage pointe aussi la fragmentation de l’électorat d’Emmanuel Macron. En effet, seule une minorité de droite ayant glissé un bulletin pour le chef de l’État – les « libéraux » et les « centristes » – se considèrent comme favorables à un report de l’âge légal. Une mesure comprise dans la première version de la réforme avant que la crise du Covid-19 n’intervienne. Le deuxième pan de l’électorat macroniste, à tendance plus sociale-démocrate, est lui majoritairement pour un maintien de l’âge actuel à 62 ans, voire un retour à 60 ans.

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Signe qu’une telle mesure clive toujours autant, c’est bien dans l’électorat conservateur que le gouvernement peut espérer chercher quelques soutiens. Cluster 17 relève que 49 % des électeurs de Valérie Pécresse ainsi que 31 % de l’électorat d’Éric Zemmour seraient pour. Moins qu’espéré, mais un signal clair qu’une telle réforme est moins rejetée à droite qu’à gauche de l’échiquier politique. En conséquence, le sondage pose que seulement une courte majorité – 53 % des personnes ayant voté Emmanuel Macron – est favorable au report de l’âge légal à 64 ans. Et l’étude de conclure : « Non seulement celle-ci fédère les électorats de la gauche radicale et du RN, qui y sont nettement opposés, mais elle est de nature à diviser la coalition d’électeurs qui soutient jusqu’à maintenant le président de la République. »

Pour tout savoir sur les clusters et trouver le sien, rendez-vous sur le site : https://cluster17.com/les-clusters/

*Étude réalisée par Cluster 17 pour Le Point auprès d’un échantillon de 2 168 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, du type de communes et des régions de résidence. Questionnaire auto-administré en ligne. Interviews réalisées du 20 et 21 septembre 2022.


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